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 Laserian Sevatiel [Validé]

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Laserian
Chef des Vardens
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Féminin Nombre de messages : 50
Age : 23
Localisation : Là où les Vardens peuvent me trouver
Statut | Rang | Clan : Chef des Vardens
Votre Dragon | Arme : No dragon | Epée de manufacture elfique : Skölir'Varden
Age du personnage : 28 ans
Date d'inscription : 11/08/2011

MessageSujet: Laserian Sevatiel [Validé]   01.02.13 23:51

Prénom Nom


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      • Nom: Sevatiel
      • Prénom : Laserian
      • Sexe : [ ♂/♀ ]♂


      • Âge du personnage : 28 ans
      • Clan rejoint : Vardens
      • Race : Humain


>>> Aspect physique
.
    • Physionomie :
    Laserian est plutôt grand et fin, même si sa carrure s'élargit au niveau de ses épaules. Il n'a pas exactement le physique et la musculature typiques des grands guerriers humains comme Ajihad : ses vêtements ne sont pas tendus à craquer sous l'effet du développement de muscles extraordinaires capables de soulever des masses d'armes et des haches de guerre, non. D'ailleurs il serait bien incapable d'user de telles armes efficacement. Le jeune homme a plutôt un physique taillé pour la rapidité d'action qu'exige le maniement d'une épée à une main ou encore pour bander un arc, et a en conséquence des muscles fins et déliés.
    Sa peau est légèrement halée, conséquence de ces premières années passées sous le soleil chaud et tapant du Hadarac. La forme de son visage est fort semblable à celle des hommes de son lieu de naissance : un port altier, un nez fin, et des lèvres fines et biens dessinées qui surplombent un menton ferme. Les enfants de son village natal naissaient souvent avec des cheveux noirs de jais et de beaux yeux ébènes, mais lui hérita de boucles souples et dorées qui tombent jusqu'au milieu de sa nuque et encadrent des yeux légèrement en amandes aux iris d'un vert profond, soulignés bien souvent par de fines cernes bleutées. Son regard est perçant comme celui d'un aigle, et sa moue reflète bien souvent une concentration intense, due à cette guerre qui l'amène en permanence à réfléchir sur les décisions prises et à prendre. Son sens de la politique l'incite à ne pas laisser transparaître ses émotions et à garder une expression fermée la plupart du temps , mais envers ses proches, une fois le masque pesant de meneur des Vardens tombé, ses traits peuvent s'adoucir et ses yeux s'emplir d'une chaleur insoupçonnée.
    Quelques cicatrices courent sur le bas de son dos, traces de coups de fouet. Sur son épaule droite, un large corbeau finement tatoué aux ailes déployées prend son envol. La plupart du temps cette marque est cachée.

    • Vêtements :
    Pour ce qui est des armures, sa carrure ne lui permet pas de supporter le poids de plaques de métal. Il préfère donc la souplesse et la légèreté du cuir à la protection supérieure qu'aurait pu lui procurer une armure de plaques. Il passe parfois une côte de maille de manufacture elfique au dessus de son plastron pour améliorer sa défense, mais rien de plus qui pourrait entraver ses mouvements. Son armure complète est donc constituée de solides pièces de cuirs teintes en noir savamment soudées entre elles. Aux avant bras elle est renforcée de fines plaques d'acier poli, recouverte d'une mince feuille d'or, pour parer les coups d'épée malencontreux. Des plaques semblables se retrouvent sur ses bottes de cuir Il ne passe une tabare aux armoiries des Vardens que les des conseils stratégiques. Lors des combats auxquels il participe il ne porte aucun insigne, hormis la manufacture exemplaire de son armure, qui laisse transparaître son identité, tout simplement car il trouve stupide de clamer haut et fort qu'il est la tête pensante du combat en permettant à l'ennemi de savoir qui il est. Derrière lui flotte une cape mi-longue, qu'il maintient à son armure grâce à une broche en or sertie d'un rubis renfermant une certaine réserve d'énergie utile en cas d'urgence.
    Au quotidien, il porte souvent un pantalon blanc, noir ou brun en coton surdan. Il aime les chemises colorées qui lui rappellent le style bariolé des tribus nomades du désert. Par dessus il porte un veston de cuir noir, dépourvu de manches qui présente deux fines raies dorées au niveau de la poitrine, perpendiculaires à l'ouverture du gilet. Il enfile souvent des mitaines de cuir noires ou brunes, qui protègent efficacement ses paumes des rudes contacts des rênes sur sa peau lorsqu'il est à cheval, ce qui arrive régulièrement. Des bracelets de bois finement sculptés, d'or, ou d'argent ornent souvent ses bras, souvenirs d'un temps qui n'est plus. Il ne se sépare jamais d'un collier représentant un faucon stylisé aux ailes déployées vu de profil et aux yeux étincelant de topaze. En réalité le faucon fut taillé dans le minéral, puis coulé dans de l'argent, de sorte qu'il peut également servir de réserve d'énergie.

>>> Aspect psychologique
.
    • Psychologie :

    Laserian est la définition même du mot altruiste : il est très engagé pour la cause des Vardens, au point de négliger sa propre personne pour le bien de la révolution en passant des heures sans manger ni dormir. Il est persuadé que la révolte qu'il mène est juste, et qu'un avenir meilleur pour l'Alagaësia est peut-être au bout de leurs efforts, bien que le prix à payer en vies humaines soit élevé et qu'il le déplore. Il fait tout pour éviter les effusions de sang inutiles, car il connait le prix d'une vie humaine, mais ne recule néanmoins devant rien lorsqu'il s'agit de remporter une victoire sur l'Empire. Peut importe les méthodes, seul le résultat compte.
    C’est un fin stratège doué d’une grande intelligence, ce qui lui permet d’anticiper les réactions de ses adversaires. Cela lui a permis plus d’une fois d’obtenir des ressources auprès des elfes, nains ou même du Surda. Il garde son sang froid en toute circonstance, et dégage une grande prestance. Sa maitrise sur ses émotions est presque totale : il sait les laisser de côté lors des moments critiques, et ne les laisse pas le submerger. Même s'il n'aime pas exprimer ce qu'il ressent en public, il possède le charisme nécessaire pour donner des discours et prouver sa détermination. Néanmoins, il préfère la prouver par ses actes.

    • Particularités :
    Il n'accorde pas facilement sa confiance aux autres et n'est pas prêt à confier sa vie à n'importe qui. Pour ce point, il a tendance à ne compter que sur lui même. Etrange paradoxe sachant que lui a les vies de tous les Vardens entre ses mains. C'est surtout qu'il ne supporte pas que l'on meure pour que lui vive. Il estime que sa vie a autant de valeur que celle des autres.
    Il n'apprécie pas beaucoup les magiciens, même si il en est un lui même, car ceux-ci ont tendance à profiter de l'aura de mystère qui les entoure pour assoir leur domination sur les autres personnes, ce qu'il juge malsain. Il se méfie des dragonniers, car après tout c'est à cause de l'avidité de l'un d'entre eux que l'Empire est né. Il évite les dragons autant que faire se peut, car ils sont liés à de mauvais souvenirs.


Pour ce qui suit, lire la biologie dans le message suivant avant de lire.

    • Famille : Laserian est le fils de Hest et de Tamara Sevatiel. Son père était forgeron de profession et orfèvre. Laserian tient de lui sa peau tannée et ses yeux verts. Tamara, elle était une guérisseuse de renom. Les herbes médicinales n'avaient pas de secret pour elle, et elle possédait de solides connaissances en magie, qu'elle cachait aux villageois. Les Sevatiel étaient des agents des Vardens, et avaient créé à Alme un réseau de résistants, qui détournaient des parts des ressources amassées par le village pour les envoyer vers Farthen Dûr.


>>> Arme de prédilection
.
    • Description :
    Il possède de bonnes connaissances en magie, et se bat à l'aide d'une épée à une main de manufacture elfique, Skölir’Varden. Il a un arc fabriqué par les nains, en corne de Feldunost.
    Il estime que ses capacités d'analyse et sa vivacité d'esprit restent néanmoins ses meilleures armes.

    • Acquisition :
    L'épée est un cadeau des elfes, et l'arc, des nains.
    En revanche, son sens de l'observation il l'a acquis lors des années passées à Dras Leona, lorsqu'il devait observer et se taire. Il a également découvert son aptitude à la magie pendant cette période. Les Vardens l'ont aidé à perfectionner ces talents.




>>> Question subsidiaire
.
    • Comment avez-vous connu le forum ? : Google

    • Quelque chose à ajouter ? : [code bon, Azael ( auto validation en somme)]




Dernière édition par Laserian le 02.02.13 10:19, édité 2 fois
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Laserian
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MessageSujet: Re: Laserian Sevatiel [Validé]   01.02.13 23:52

>>> Biographie
.
    • Histoire :

    Le visiteur nocturne :

    -Laserian, c'est l'heure de rentrer ! Il se fait tard !

    La voix s'élevait de la plus haute maison du village. A regrets, l'intéressé détacha son regard des myriades étoiles qui se détachaient parfaitement dans ce ciel dégagé. Aux abords du grand Hadarac, on distinguait chaque astre : le ciel était toujours limpide, sauf après les tempêtes de sables qui balayaient parfois la région. Les nuages se faisaient rares et rendait leur observation aisée. Une fois, des petits hommes bizarres et empressés avaient même fait escale au village, avec toute sorte d'ustensiles allongés et de lunettes. L'enfant avait tout d'abord rit devant leurs mines sérieuses et renfrognées, et à la vue de leurs bedaines rondouillardes jusqu'à ce qu'ils s'installent à son point d'observation favori. Il avait ensuite ronchonné jusqu'à leur départ. Des savants, avait dit P'pa, bien que son fils ne comprenne pas trop ce qu'il voulait dire par là. Le jeune garçon se releva en soupirant et s'étira, un peu fourbu par cette heure passée à contempler les étoiles et frissonna. Maintenant qu'il avait été dérangé dans son occupation, il se rendait compte du froid qui régnait et qui engourdissait ses membres. En effet, aux abords du désert, les nuits étaient aussi glaciales que les journées étaient chaudes, et il avait hâte de se glisser dans son lit douillet. Avant de courir se réfugier chez lui, Laserian profita de la vue qu'offrait son point d'observation sur le village, promena son regard sur les chandelles qui dansaient, plus bas. Malgré la nuit noire, le garçon était convaincu que s'il se retournait, il pourrait apercevoir les contreforts des Beors, situés juste derrière le village. Alme était un petit village de pionniers perché sur une colline. Le petit hameau se situait à l'extrémité est du désert et semblait coupé du reste du monde : les premières cités du Surda se trouvaient loin à l'est, quant à Urû'baen et les autres villes impériales, c'eut été un euphémisme de dire qu'elles leurs étaient inaccessibles.
    On aurait pu croire qu'avec cet éloignement, le village se soit émancipé de la tutelle impériale, néanmoins il n'en était rien : les habitants vivaient certes en autarcie et subsistaient à leurs besoins selon leurs propres moyens, mais en réalité presque tous étaient des descendants de pionniers envoyés ici par l'Empire pour exploiter les richesses de la région, c'est-à-dire les mines d'or, d'argent et de diamant, ainsi que les fruits séchés dans les palmeraies et le sel présent naturellement dans l'immense étendue de sable. Pour cette raison des caravanes de marchands faisaient régulièrement halte au village, avant de partir approvisionner les cités impériales en ces biens rares que les nobles s'arrachaient à des prix faramineux une fois transformés en bijoux ou en confiseries. Pourtant, les expatriés ne gagnaient presque rien pour leur travail : les taxes imposées par le royaume étaient exorbitantes, et le reste de leur gains leur étaient pris par les compagnies marchandes qui acceptaient d'exporter leur bien pour un coût assez conséquent. Le peu qu'ils pouvaient mettre de côté suffisait à financer les biens indispensables dont ils ne pouvaient disposer à cause de leur isolement lors des passages des marchands. Au fil des ans, ils avaient aussi réussi à se cotiser pour ériger une palissage de troncs d'arbres qui cerclait le village isolé, le protégeant des attaques d'Urgals qui passaient en petits groupes, ou encore des mercenaires sillonnant parfois cet endroit reculé. Chaque homme d'Alme avait appris à se battre pour défendre son foyer de ces dangers inhérents à leur monde, et les dagues étaient toujours passées à la ceinture.

    Au moyen d'une échelle de corde, Laserian descendit avec précautions de la plateforme en bois bâtie par son père dans l'unique arbre présent à côté de leur maison, puis trottina avec empressement jusqu'à la bâtisse d'où s'échappaient de fins volutes de fumée. Construite avec de solides blocs de roches issus des montagnes, la maison des Sevatiel dominait le village. Hest Sevatiel jouait un rôle important au sein des villageois, et une fois par mois le conseil du village se tenait dans la grande pièce de la maison familiale pour discuter de l'aide à apporter aux plus pauvres du village : les mineurs qui gagnaient à peine de quoi se nourrir alors que ce qu'ils tenaient quotidiennement entre leurs doigts burinés valait à Urû'baen plus que ce qu'ils pouvaient espérer gagner en une vie. Les villageois étaient bien conscients de cette injustice, mais que pouvaient-ils y faire ? En dehors de l'Empire, personne ne leur achetait de bien. Ils faisaient seulement du troc avec les tribus nomades du désert, et encore il leur était interdit de vendre les matières qu'ils exploitaient : les mines appartenaient à l'Empire par décret royal. Enfreindre cette loi était passible de mort. Il suffisait d'une lettre glissée dans la sacoche d'un marchand par un dénonciateur, et le royaume réclamait la pendaison de l'imprudent. Il y avait déjà eu un cas une fois.

    Après une entrée en trombe dans la maison, l'enfant déposa son poncho de laine et retrouva ses parents dans la cuisine. Un colosse vint se camper devant lui arborant d'abord un faux air sévère, puis éclatant de rire, et le petit garçon leva la tête vers le visage souriant du géant qui passa une main bourrue, mais affectueuse, dans les boucles ébouriffées de son fils. Hest Sevatiel était le forgeron du village. Cependant, ce n'étaient pas les armes et les outils qui occupaient l'essentiel de son temps, bien que les mineurs aient souvent besoin de pioches. Il réalisait des bijoux, et son talent lui valait une certaine renommée au sein des marchands de passage. Certains villageois racontaient que c'était uniquement pour ses créations que les caravanes daignaient s'attarder à Alme. Ses yeux verts pétillaient et étaient mis en valeur par sa peau halée identique à celle de son fils, mais la ressemblance s'arrêtait là.

    -Ton poignet va bien ?

    La voix douce venait de l'âtre, là où sa mère faisait mijoter un appétissant ragoût d'agneau et de fruits confits. En s'approchant de cette dernière, une odeur alléchante vint chatouiller les narines sensibles du garçon et son ventre gargouilla. Sa famille, en plus de pouvoir se permettre des repas nourrissants, était peut-être bien l'une des seules à pouvoir s'octroyer de la viande quasiment quotidiennement. Le garçon avait parfois conscience de sa chance d'être né dans l'une des familles les mieux loties du village : les autres enfants avec qui il jouait ne mangeaient pas tous à leur faim, loin s'en fallait, et sa mère les regardait souvent avec des yeux emplis de pitié lorsqu'ils enfournaient avec avidité les petits gâteaux secs qu'elle confectionnait à leur attention, lors du goûter.

    -Laserian, tu m'écoutes ?

    L'enfant battit des paupières, se rendant compte qu'il s'était perdu dans ses pensées. Les bras croisés sur sa poitrine, sa mère le regardait, une lueur moqueuse dansant dans ses prunelles bleues. Tamara Sevatiel se distinguait assez des femmes de la région, avec sa peau pâle et ses boucles blondes descendant telles une cascade dorée derrière ses épaules. De carrure plutôt fine, et elle s'avérait peu taillée pour le travail ardu des mines ou de l'exploitation des matières premières du désert. Ses mains douces n'étaient pas couvertes de cals comme ceux d'Hest oud es autres villageois. Néanmoins tout le monde la respectait au sein de la communauté : en effet Tamara était la guérisseuse du village. Les accidents dans la mine ou dans le désert étaient chose courante : coup de pioche qui dévie, éboulements, piqure de serpent et de scorpions, ou simplement des entorses et autres ennuis faisaient que la majorité des hommes et des femmes d'Alme avaient un jour ou l'autre été soignés par la jeune femme. Cette dernière passait parfois la journée entière à concocter breuvages et cataplasmes. Elle n'exigeait aucun payement pour ses services, estimant que son mari subvenait fort bien à leurs besoins et surtout car elle ne supportait pas d'être rémunérée pour avoir porté de l'aide à un souffrant. Néanmoins les habitants tenaient souvent à lui verser une petite pièce, et son fils revenait parfois chez elle avec une commission entre les mains pour exprimer la gratitude des convalescents. Parfois lorsque les blessures étaient trop graves, ou que le poison ne pouvait pas être aspiré de la plaie, elle murmurait des mots étranges en plaçant ses paumes au dessus de ses patients. Le garçon l'avait interrogé une fois à ce sujet, et il avait du se contenter d'une réponse évasive : « ces mots sont porteurs de vérités, lui avait-elle expliqué, et la vérité, c'est parfois la meilleure des armes contre le mal. »Elle avait ensuite sourit à son fils et déclaré : « Evite de parler de ça à tes copains tu veux ? C'est notre petit secret. » D'ailleurs, lorsqu'il s'était cassé le bras il y avait une semaine de là, elle avait murmuré les paroles étranges, et il s'était sentit tout de suite mieux.

    -Mon bras va bien, M'man. Bougonna-t-il.
    -Très bien. Bon avale ça et file vite au lit, tu as bien trop trainé ce soir chenapan.
    -Oui M'man.

    Il engouffra sa portion de ragout comme s'il n'avait rien dégusté depuis des jours, et ceci fait se hâta de rejoindre sa chambre, son repaire. C'est avec délice qu'il se glissa sous la couverture de laine. Sa mère vint souffler la bougie de sa table de chevet, l'embrassa sur le front, et il ferma les yeux, sombrant dans le monde des rêves si propres aux enfants.
    Aucune lumière ne filtrait à travers les épais rideaux lorsqu'il se réveilla : le jour n'était pas levé. Il lui avait pourtant semblé entendre un bruit, comme le grincement de la lourde porte d'entrée. Avait-il rêvé, ou était-ce bien réel ? Il commençait à en douter, comme plus rien ne se faisait entendre dans la bâtisse. C'est alors qu'une voix grave à l'accent particulièrement prononcé retentit. Laserian fut rassuré que l'intrus ne cherchât pas à se cacher : P'pa ne tarderait pas à se lever et à chasser l'importun de la maison, mais il se demanda ce que pouvait faire un membre des tribus nomades chez eux en pleine nuit. Non pas qu'ils soient dangereux, mais d'ordinaire les rencontres entre eux et les habitants se faisaient dans les oasis en dehors du village, ou sur la place centrale. Cependant quelle ne fut pas la surprise de Laserian lorsqu'il entendit la voix de sa mère accueillir le visiteur nocturne avec chaleur ! Il se colla à la porte et plaqua son oreille contre la serrure pour mieux entendre.

    -Nous t'attendions. Viens donc te réchauffer près du feu ! Il doit faire si froid dehors. J'ai préparé des infusions.
    -Merci Tamara.

    Laserian entendit des cliquetis divers, comme si le mystérieux personnage était couvert de breloques, et les raclements des chaises sur la pierre indiquant que les trois personnes s'installaient confortablement près de l'âtre..

    -Tu n'as pas eu de problème pour arriver jusqu'ici ? S'inquiéta Hest.
    -Non. Le vigile de cette nuit faisait partie de nos amis, comme prévu. Et le village était désert.
    -Parfait. Notre réseau à mis des vivres de côté et des armes que j'ai forgées avec le fer des mines, prête à être expédiées à Farthen Dur par les tiens. Je vais te communiquer leur emplacement. Ajihad a-t-il reçu notre message ?
    -Oui. Les convois d'Urgal qui se rapprochent de Farthen Dûr ne l'ont pas inquiété outre mesure. Les nains ont déjà relevés plusieurs migrations importantes dans la région par le passé. Tant que ce ne sont pas des hordes de Kulls armées jusqu'aux dents, nous ne courront pas de danger.
    -Farthen Dûr est peut-être en mesure de résister à quelques unes de ces créatures, mais que fera Alme si elle est attaquée par un groupe important ? Quelques éclaireurs pourraient surveiller le village, afin qu'Ajihad envoie des troupes pour nous assister en cas d'attaque.
    -Ton inquiétude est fondée, et je transmettrai ta requête à Ajihad.
    -Merci. Il est devenu risqué pour moi d'envoyer directement des messages aux Vardens par magie. Ils pourraient être interceptés par notre ennemi.

    Les trois adultes discutèrent ensuite à voix basse de sujets que l'enfant comprenait à peine. Il discerna les mots « elfes », « nains », « dragons ». Toutes ces créatures lui étaient inconnues, et appartenaient encore à un folklore de légendes quelques instants plus tôt. On racontait par exemple au village que les nains rodaient dans les montagnes, et pillaient les voyageurs égarés pour leur or, ou encore que ceux qui s'aventuraient sous les pins du Du Weldenwarden ne revenaient jamais de leur voyage, charmés par les beaux elfes qui dansaient dans l'ombre des arbres. Voilà que les paroles échangées par ses parents avec l'étranger transformaient ces contes pour enfant en réalité. Pour un peu, Laserian se serait pincé pour s'assurer de ne pas rêver. Il avait peine à croire que ses parents soient mêlés à tout ça. Les questions se bousculaient dans son esprit d'enfant, encore inapte à saisir la complexité du monde, et de l'équilibre des pouvoirs en Alagaeisia. Lorsqu'il avait l'impression d'approcher une explication, celle-ci se dérobait et lui restait inaccessible, comme s'il s'était agit d'un des poissons que son P'pa allait pêcher parfois et qui glissait même entre les doigts les plus habiles.

    Les minutes défilèrent sans qu'il n'ose esquisser le moindre geste. Au bout d'un certain temps, Hest, Tamara et l'étranger se levèrent et se firent leurs adieux.

    -Que les dieux vous protègent. Nous reconnaissons les risques que vous et votre groupe prenez.
    -Il en va de la liberté du royaume, répondit simplement Tamara. Peut-être que Laserian pourra un jour vivre dans un monde juste grâce à notre action.

    Le départ du nomade et les paroles mystérieuses de sa mère mirent fin au charme qui le maintenait immobile, et Laserian retourna sur son matelas avant que ses parents ne se rendent compte n'était pas exactement en train d'arpenter le monde des rêves, mais plutôt aux prises avec des interrogations sans réponse.

    Quand l'innocence part en fumée

    -Les enfants, par ici !

    Laserian se passa la main sur son visage en sueur et observa Kedin qui s'égosillait en haut de la dune de sable. A Alme, chaque jour, une famille prenait en charge tous les enfants pendant que les autres travaillaient. Aujourd'hui c'était le tailleur qui torse nu, s'évertuait à conduire sa jeune troupe à travers le désert, jusqu'à la palmeraie qui se trouvait à environ une heure de marche. La chaleur était déjà étouffante, même en ce début de mâtinée, mais l'eau fraîche promettait d'être au rendez-vous. Ils allaient chercher des dattes séchées pour les stocker au village en attendant la caravane qui devait arriver dans la semaine. Malgré la chaleur Laserian était content de faire cette sortie, qui lui changeait un peu les idées. La scène de cette nuit le perturbait encore.
    Ils atteignirent bientôt leur destination, et prirent le temps de s'asperger le visage de l'eau fraiche du puis. Les enfants aimaient ces moments de partages entre eux et un adulte de la communauté. C'était souvent l'occasion de poser des questions, ou d'écouter les racontars des autres. En général, les petits du hameau appréciaient Kedin, à la fois conteur talentueux et oreille attentionnée. Beaucoup de problèmes d'enfants lui étaient confiés. Les questions que ces derniers n'osaient pas poser à leurs parents par peur de paraître ridicule ou impoli. Les membres de la petite troupe s'installèrent en tailleur autour de Kedin, qui les amusa un instant avec quelques histoires. Puis vint le rituel inévitable des questions-réponses. Alors que tous s’apprêtaient à se lever pour repartir, Laserian n'y tint plus, et posa la question qu'il avait sur le bord des lèvres :

    -Kedin, qui sont les Vardens ?

    Il crut voir le visage rieur de l'homme se figer, et il s'inquiéta de l'importance de sa question, mais cette image fugace s'évapora vite.

    -Où as tu entendu ça ? S'enquit le tailleur d'un ton affable.
    -Dans une conversation entre P'pa et M'man. Sont-ils des nomades ? Viennent-ils parfois au village ? M'man et P'pa semblaient les connaître. Eux et le chef de la tribu.

    Kedin soupira :

    -Les Vardens sont des gens dangereux Laserian. Des pillards, des êtres mal-intentionnés. Je suis étonné de savoir que tes aprents ont eu affaire à eux, et s'en sont sortis vivants.
    -C'est faux les Vardens sont gentils. Parfois mon père et ma mère en parlent. Ils veulent que tous soient égaux et aient de l'argent pour se payer de quoi manger ! Protesta Keira, une fillette de l'âge de Laserian.
    -Pour aujourd'hui, arrêtons nous en là. Trancha Kadin d'une voix un peu trop sèche. Ce sont des sujets de grandes personnes.

    Laserian resta muet, et ils repartirent, chacun chargé de son petit cageot de dattes. Le jeune garçon était loin de se douter qu'il allait regretter toute sa vie d'avoir posé cette question, et que dans la semaine même, Kedin confia une lettre à un marchand qui partait pour Urû'baen.

    ***
    Les semaines défilèrent, chacune semblable aux précédentes. Pendant tout ce temps Laserian s'efforça d'oublier la visite du nomade, mais il n'y parvint jamais tout à fait. Lorsque des tribus du Hadarac venaient au village pour le commerce, il les observait, attentif à leurs voix dans l'espoir secret de reconnaître le timbre de l'étranger. Il n'osa jamais aborder le sujet avec Hest ou Tamara, craignant de se faire disputer pour son indiscrétion et préférant méditer les paroles de cette soirée nappée de mystère en silence.
    Un jour, alors qu'il se protégeait du soleil couchant sur sa plate forme, cachée par la végétation de l'arbre, l'Empire décida de sévir, ayant compris par la lettre de Kedin qu'un réseau d'habitants pro-Varden avait été créé. Laserian observait paisiblement le paysage quand il l'aperçut : un dragon, sans cavalier approchait à grandes brassées d'air. Il était immense, avec ses ailes membraneuses aux couleurs chatoyantes de l'ambre liquide, et avec ses écailles. Le garçon se tassa un peu plus sur lui même lorsque la créature poussa un rugissement indubitablement porteur de menace. Une des sentinelles cria, et les trois archers postés sur les maigres remparts du village encochèrent courageusement une flèche, geste dérisoire face à la taille de la bête. Ils venaient de comprendre que l'être ne venait pas en paix.

    « L'Empire m'envoie pour punir les traitres alliés des Vardens. Vous ne pouvez échapper à Galbatorix »

    Comme dans celui de tous les villageois, le grondement mental résonna dans l'esprit de Laserian, et il se mit à trembler comme une feuille, tétanisé. Il entendit sa mère l'appeler d'une voix angoissée alors que les trois archers décochaient leurs traits sur l'ennemi, mais tout cela lui semblait lointain. Seule restait la menace venue du ciel, omniprésente.

    -Laserian, si tu m'entends, cache toi !

    C'était son père, qui venait d'empoigner une hache d'arme et qui se démenait comme un forcené pour rejoindre les autres hommes armés sur la place centrale. Mais le regard de son fils n'était pas tourné vers lui. Les yeux émeraude de Laserian reflétaient le déluge de flammes que la bête venait d'envoyer sur les trois vigiles, réduisant en cendres la palissade de bois. Les flammes se propagèrent, gagnant une première maison au toit de chaume qui s'embrasa comme une torche. Dans sa frayeur, l'enfant eu à peine conscience d'un bruissement dans son dos, et de sa mère qui plaçait ses mains fraîches et apaisantes sur ses épaules.
    Vivement il se retourna vers elle. Elle lui souriait tristement, des larmes au coin de ses grands yeux bleus.

    -Le jour que nous redoutions tant est arrivé.Ils vont probablement accuser les Vardens de ce massacre. Oh bien sûr, tu n'es pas au courant de toutes ces choses... C'est beaucoup trop compliqué.

    Elle porta son regard au loin, vers les maisons en flammes, et son visage se ferma.

    -Nous n'avons plus beaucoup de temps, murmura-t-elle. Tu dois t'enfuir, et vite. Sinon il finira par tomber sur toi. Cours vers la palmeraie. Il n'ira pas te chercher là bas.

    Elle l'étreignit fortement et l'embrassa avant de continuer :

    -Frethya frethya. Voilà part maintenant ! Ne crains rien, il ne peut plus te voir désormais. Mais ça ne durera pas longtemps, alors file.

    Sa voix se brisa sur un sanglot. Alors que son corps disparaissait de la vue de sa mère, Laserian continua à l'observer d'un air hagard. Il était assez perspicace pour comprendre que Tamara ne viendrait pas avec lui. Qu'ils ne se reverraient probablement jamais, et plus que tout, assez perspicace pour deviner que tout ça était arrivé par sa faute. Parce qu'il avait posé trop de questions aux mauvaises personnes. La culpabilité le rongeait. Il glissa le long se l'échelle le plus rapidement possible, préférant se référer à son instinct de survie qui au moins ne le trahirait pas. Il fut d'abord douteux quant aux paroles de sa mère, puis se rendit compte que les villageois ne s'apercevaient pas de sa présence et prit confiance. Il était bel et bien invisible, et donc sûrement le seul à pouvoir s'échapper de cet enfer. Partout les gens s'agitaient, les enfants pleuraient, perdus. Plus il avançait, plus les dommages causés par le dragon étaient importants : les flammes s'élevaient haut dans le ciel,qui avait presque viré au noir à présent. Laserian eut un haut le coeur lorsque le premier corps carbonisé arriva dans son champ de vision. Une odeur de brûlé flottait dans l'air, et il fronça le nez de dégout.
    Soudain, une onde de choc parcourut le sol, et Laserian perdit l'équilibre et s'étala de tout son long, s'écorchant les paumes au passage. Il leva les yeux et vit avec horreur la créature responsable de ce cauchemar qui se tenait à quelques pieds de lui. Il vit son regard où brillait une intelligence perfide, malsaine, et la lueur de joie lorsque le dragon démolit une façade d'un coup de sa puissante patte. Cette vision de destruction resta gravée au fer rouge dans sa mémoire. Avant que le monstre ne se rende compte de sa présence, l'enfant se releva et détala en direction du désert. La protection magique se coupa alors qu'il était à mi chemin, et il se sentit vulnérable, menacé. Le froid le mordait cruellement, et tombant d'épuisement, il finit par s'effondrer dans le sable alors que des larmes ruisselaient sur ses joues dorées. Il avait onze ans au moment des faits.

    Servitude :

    -Apporte moi ça ici veux-tu !

    L'ordre claqua, et le jeune homme s'exécuta rapidement avant d'avoir à subir un reproche et plaça le plateau de thé sur le bureau en prenant garde à ne rien renverser. Voilà six ans qu'il était au service des Tabor, famille noble qui avait la main mise sur Dras Leona. Les marchands d'esclave l'avaient trouvé évanoui dans le désert, et il s'était réveillé deux jours plus tard dans une carriole en direction de la cité noire. On racontait qu'il avait eu de la chance de ne pas être âgé de quelques années de plus, car sinon il aurait été envoyé aux pics de Helgrind un soir de nouvelle lune, avec ces esclaves qui ne revenaient jamais. Cependant vu tous les coups de fouets que les hommes des Tabor lui avaient assenés pour lui inculquer le respect, il se demandait parfois si une mort rapide n'aurait pas été préférable. Les esclaves devaient se taire, se comporter comme s'ils n'existaient pas et contempler en silence le luxe dans lequel vivaient leurs maîtres. Tout écart de conduite était sévèrement puni par les privations, les coups de fouets et autres supplices.
    Laserian serrait souvent les poings de frustration à peine contenue, lorsqu'il voyait l'opulence dans laquelle baignaient les Tabor et les autres nobles impériaux. Ces gens étaient pourris gâtés. Il avait souvent l'occasion de voir portant des bijoux semblables à ceux que Hest Sevatiel forgeait, avant la catastrophe. Parfois il croyait même reconnaître la main experte de son père dans les bagues ou les broches que les demoiselles de la Cour arboraient fièrement. Le pire à supporter pour lui était de voir tout ce qu'ils pouvaient gâcher comme nourriture. Parfois aux repas, la moitié des plats repartait aux cuisine pour être jetée, ou à la rigueur mangée par les serviteurs. Les esclaves n'avaient pas le droit d'y toucher. Il voyait parfois les dattes qu'il récoltait autrefois dans les palmeraies finir ainsi, et se souvenait les conditions de misères qu'avaient connu les travailleurs de son village, juste pour que ces gens aussi capricieux que des enfants aient des sucreries qu'ils pouvaient jeter en pâture aux porcs si cela leur chantait ou des bijoux à exhiber avec fierté, pour qu'on les remarque. Il avait appris à détester ces êtres futiles, oisifs, qui se prenaient pour le centre du monde, et qui se bâtissaient leur pouvoir sur le dos des plus faibles.

    Sa perception du monde s'était affinée au fil des ans. Laserian comprenait désormais les forces qui le régissaient, et qui s'affrontaient en son sein. Il comprenait pourquoi ses parents s'étaient battus à leur manière autrefois, contre le système en place. De sa situation, il glanait parfois des informations intéressantes concernant la lutte entre l'Empire et les Vardens. Comme on pouvait s'y attendre, l'Empire avait accusé les Vardens de la destruction du hameau dans le Hadarac. Le massacre avait donc eu un double avantage pour les impériaux : supprimer le réseau instauré par le couple Sevatiel, et faire de la propagande anti-Varden en les faisant passer pour des barbares.
    Le jeune esclave devenait de plus en plus observateur, et prêtait une oreille attentive au ragots qu'échangeaient les châtelains qui ne prêtaient guère attention à sa présence, comme s'il n'avait été qu'un animal. Car à leurs yeux, il n'était qu'un objet comme un autre. Une possession, rien de plus. Le tatouage sur son épaule droite en attestait : le corbeau noir des Tabor était gravé sur sa peau comme sur le point de prendre son envol. On lui avait gravé cette marque une semaine à peine après son arrivée, au même titre que l'on marquait les animaux appartenant au seigneur : chiens de chasse, chevaux, faucons avaient reçu exactement le même traitement que lui.
    Bien que l'adolescent détestât les Tabor et leur entourage, il n'avait pas le courage de s'enfuir, du moins pas encore. Il profitait donc de ce qu'il estimait comme un séjour pour engranger les connaissances sur les nobles et leur façon d'agir en général. Il les épiait, apprenait à les connaître afin de déceler leurs faiblesses, leurs rêves, ou toute autre chose qu'il comptait bien utiliser contre eux un jour. Rien qu'en les côtoyant, il découvrit de nombreuses informations sur le système actuel et le pouvoir en place, car beaucoup de ces abrutis ne savaient pas garder leur langue dans leur poche en présence des esclaves. Parfois ses lèvres esquissaient un rictus amer en songeant à ce qu'il pourrait révéler aux Vardens sur ses geôliers, mais il se rendait rapidement à l'évidence : pour l'heure, il n'était pas en mesure de prendre les voiles par ses propres moyens.
    Néanmoins, Laserian avait découvert un trésor dans sa condition misérable : la bibliothèque. Les Tabor possédaient des centaines d'ouvrage traitant de sujets divers. L'adolescent s'y faufilait parfois la nuit, et empruntait un livre qu'il cachait soigneusement dans la paille des écuries pendant la journée avant de replacer son larcin dans les grandes étagères de chêne lorsque sa lecture était terminée. Depuis peu, il s'intéressait aux ouvrages traitant de la magie et des elfes. Il s'étonna de reconnaître plusieurs mots que sa mère employait en guérissant les malades et les blessés dans les lexiques relatifs à l'ancien langage, et avait plus ou moins compris qu'elle avait eu un don pour la magie. Parfois il les prononçait à voix basse, espérant que la magie ferait son effet, mais il ne ressentait qu'un léger fourmillement dû à la puissance naturelle des mots. Il s'appliquait cependant à les retenir, après tout cela avait au moins le mérite d'entretenir sa mémoire, qui se développait de manière phénoménale au cours de ses lectures. Il aimait particulièrement les livres d'énigmes elfes ou naines, qui le faisaient réfléchir. Il s'intéressait également aux batailles livrées, et aux stratégies employées par les vainqueurs pour mettre à mal l'ennemi.

    Cependant, un soir, il se fit prendre : un garde de ronde entra dans la bibliothèque au moment où il déposait un recueil de poèmes dans sa section. Le garde braqua la torche dans sa direction, et se mit à brailler, alertant les autres vigiles qui montaient la garde. La crainte d'être réprimandé le submergea , et la peur lui ouvrit les portes d'un flot de pouvoir scellé en lui dont il ignorait jusqu'à présent l'existence. Le courant de magie l'effraya presque autant que les gardes, et il cria les paroles qu'il murmurait encore parfois dans son sommeil, lors de ses cauchemars où il revoyait le monstre de bronze et ses yeux brillant de malfaisance. Il disparut de la vue du garde, et détala dans les corridors avant même qu'on ne le reconnaisse. Arrivé aux écuries, il s'écroula dans le seul coin où il lui était possible de se ressourcer, soit un coin recouvert de paille à côté du box de Dormelo, l'étalon blanc de l'ainé des fils Tabor, dont il devait s'occuper. Là, il murmura la formule lui permettant de redevenir visible, qu'il avait lue dans un livre. Malgré sa frayeur, une lueur d'espoir était née là où auparavant ne régnait que l'obscurité la plus totale : il tenait enfin sa chance d'être libre.

    ***

    Depuis qu'il s'était découvert une aptitude à la magie, l'esprit de Laserian était en effervescence. Fermement décidé à quitter la cité noire et son atmosphère maussade, l'esclave préparait soigneusement son évasion, réglant méticuleusement le moindre détail grâce à ses observations, établissant des plans de secours. Il se pliait en quatre pour satisfaire les exigences de ses maîtres afin de ne pas attirer les soupçons sur ses préparatifs. Les faucons, les chevaux et les chiens n'avaient jamais été aussi bien soignés. Assez ironiquement, il reçut même des compliments lorsque Marcus Tabor lui même fit un passage dans les écuries de son domaine. La nuit, le jeune homme tentait d'affiner la maîtrise de son pouvoir naissant, et au besoin chapardait d'autres livres dans la bibliothèque, même s'il n'osait pas y pénétrer aussi fréquemment qu'auparavant. Il tentait de nouveaux sortilèges, avec des mots glanés au cours de ses 6 ans de lecture, lorsqu'il désespérait encore de s'évader un jour. Il eut quelques mauvaises surprises : certains sortilèges le vidèrent de son énergie, au point qu'une fois il s'évanouit et eut le plus grand mal à se mettre au travail le lendemain. C'est ainsi qu'il apprit la prudence, qu'il apprit à connaître ses limites, et surtout qu'il apprit que certains charmes consommaient plus d'énergie que d'autres.

    Un an s'écoula ainsi, mais il prenait son mal en patience, voulait s'assurer d'être vraiment au point pour que son entreprise n'échoue pas. Il grimpa dans l'estime de ses maître, comme il l'avait prévu, qui dans leur confiance lui laissèrent plus de liberté, ce qui l'arrangeait. Ils le croyaient plus docile, dompté, et s'ils savaient comme ils se trompaient ! Le jeune garçon s'efforçait de faire taire ce sentiment de révolte qui montait en lui dès qu'il croisait leurs regards pleins de morgue, et cachait ses véritables intentions derrière un parfait masque d'affabilité. Afin de ne pas attirer l'attention, il rassemblait petit à petit les affaires dont il aurait besoin, glanant un jambon séché par ci, volant une arme délaissée momentanément par son propriétaire par là. Il changeait régulièrement ses larcins de place, afin qu'on ne les découvre pas.
    C'est un matin d'automne qu'il mit son plan à exécution. Comme il l'avait imaginé des centaines de fois, il se rendit dans la chambre d'Elio Tabor, le plus jeune des fils du seigneur, âgé de 6 ans environs : il s'en était beaucoup occupé depuis son arrivée ici. Il avait tissé des liens d'amitié avec le gamin, et s'était malgré lui attaché à lui et regrettait presque dedevoir l'inclure dans tout cela. Néanmoins il n'était pas dupe : Elio finirait comme son père une fois contaminé par les vices de la vie de noble. Lorsqu'il franchit le seuil, il vit le regard de l'enfant s'illuminer. Celui-ci se rua sur l'esclave en poussant un cri de joie :

    « Laserian ! »
    Ce dernier lui passa une main distraite dans les cheveux, et lui plaça un doigt sur les lèvre pour lui intimer le silence en lui adressant un clin d'oeil qui se voulait malicieux.
    « Tu sais quoi Elio ? On va jouer à un petit jeu aujourd'hui. Ca te dit une petite virée à cheval ?
    Les yeux de l'enfant pétillèrent d'émerveillement :
    « Oh oui ! On va faire quoi ? »

    Laserian lâcha un petit rire, un peu trop nerveux. Heureusement qu'Elio ne se rendait pas compte de son état de tension.
    Un peu de patience voyons ! Si je te le dis ce ne sera plus une surprise. Aller, viens vite.
    Tenant le petit garçon par la main, il dévala les couloirs du château, puis arriva aux écuries. Là il harnacha l'étalon blanc du seigneur d'une main experte tout en indiquant au jeune héritier un coin de paille, où reposait un sac aux courroies de cuir rempli de provisions, et d'une couverture. Le petit ne s'inquiéta pas devant ces signes pourtant évidents d'un départ, croyant que cela faisait partie intégrante du jeu. Quelques instants plus tard, l'esclave et l'enfant se trouvaient sur la selle de l'animal. Deux fourreaux de dague pendaient à la ceinture de Laserian. Il portait également un chaud manteau fait du pelage d'un animal qu'il ne connaissait pas, ainsi que des bottes rembourrée de fourrure chapardée à un des derniers invité du château. Il se jucha ensuite sur la selle de sa monture avec Elio, et engagea sa monture vers la sortie la plus proche. Il avait appris à monter ici, étant donné qu'il devait s'occuper des animaux et donc qu'il était amené à sortir les chevaux, même si ce n'était pas hors de l'enceinte de la ville, sauf lorsqu'il accompagnait son maître lors d'un convoi.
    Au portail, le garde, le reconnaissant, lui demanda de faire halte. Laserian s'efforça de conserver un air de tranquille assurance – qu'il était pourtant loin de ressentir -, et lui tendit un parchemin cacheté du sceau des Tabor. Après avoir longuement observé le document tout en se caressant la barbe, le vigile le laissa sortir. Visiblement, il ne savait pas lire, et s'était contenté de reconnaître le sceau de son seigneur : le parchemin n'était en fait qu'une banale commande de vins datant de voilà deux mois. Laserian conduisit sa monture à travers les rues tortueuses de la cité noire, évitant soigneusement les lieux trop fréquentés comme à proximité immédiate de la cathédrale du culte d'Helgrind. Il parvint en empruntant maints détours aux portes de la cité. Là son coeur se serra : les gardes savaient qu'en tant qu'esclave il ne pouvait sortir sans maître de la cité, et c'est donc ici qu'il alalit avoir besoin d'Elio. Dans un chuintement, il dégaina l'une de ses deux dagues, qu'il plaça froidement contre le cou de l'enfant. Il talonna ensuite l'étalon et aboya aux gardes :

    -Laissez-moi passer, ou je lui tranche la tête. Que dira Marcus Tabor s'il vous voit revenir avec son esclave, mais aussi avec le corps inerte de son fils ? Vos têtes tomberons, avec la mienne.

    Les gardes relevèrent leurs hallebardes et échangèrent un regard terrifié, et le jeune homme en profita pour lancer sa monture dans un galop furieux avant qu'ils n'aient le temps de trancher quant à l'attitude à adopter. Ils parcoururent plus d'une lieue ainsi, car Laserian désirait mettre le plus de distance possible entre lui et la cité qu'il détestait tant. Arrivés à la lisière d'un village des environs, une petite voix pas très rassurée osa lu demander :

    -Dis Laserian, pourquoi tu fais ça ?

    Les yeux d'Elio étaient pleins de larmes, et une fois de plus l'esclave rebelle se sentit coupable de l'avoir entrainé avec lui et d'avoir profité de sa naïveté. Il lui devait des explications, c'était la moindre des choses.

    -Parce que je veux être libre, comme toi, et que s'il le faut que me battrai pour conquérir ce droit. Répondit-il un peu plus férocement qu'il ne le voulait de prime abord.

    Le jeune noble ne sembla pas satisfait de cette réponse. Comment aurait-il pu comprendre après tout ?

    -Je vais te laisser là, et nos chemins se sépareront. Je suis désolé Elio. Cours au village, il y a bien un poste de garde. Les soldats te ramèneront chez toi.
    -Et toi, qu'est ce que tu vas faire ?
    -Moi ?

    Le jeune homme déposa doucement l'enfant au sol, qui ne cessait de le fixer d'un regard pleins d'interrogations. Il remonta ensuite en selle et inspira fortement, savourant ce moment où il s'affranchissait enfin de ses chaines après tant d'années de servitude. Il adressa un sourire éclatant à Elio, sûrement le premier depuis des mois, voire des années.

    - Je rentre chez moi, répondit-il simplement.

    Chemins croisés :

    -A quoi tu t'attendais, que tout soit comme avant ? Idiot.

    Il venait juste de prononcer ces paroles à voix haute, devant les vestiges du village dans lequel il avait grandit. Le sable avait presque tout recouvert, signe que le désert reprenait ses droits sur l'oeuvre des hommes. Pas un signe de vie dans les ruines d'Alme. Le hameau était devenu une ville fantome. Pourquoi était-il revenu ici, alors ? Peut-être qu'il fallait qu'il admette, par ses propres yeux, qu'il n'avait plus de chez lui. Ou du moins que si une maison l'attendait, ce n'était pas ici. Plus ici. Il avait pourtant mis plus de deux mois à atteindre le village. Cette perte de temps ne le frustrait pas tant que ça. Du temps, il en avait. Tellement qu'il ne savait d'ailleurs pas quoi en faire. Mais revoir les cendres du village oublié l'affecta plus qu'il ne l'aurait cru. Il déambula parmi ce qui avait été son passé, oscillant entre présent et vision d'autrefois. Parfois des os éclatant dépassaient des tas de sables, et semblaient l'accuser lui, celui qui avait survécu. Il se rendit jusqu'à ce qui avait été sa maison, et rentra dans l'atelier de son père. Il sut au premier coup d'oeil que la maison avait été visitée par des pillards : les outils couverts de poussière étaient éparpillés au sol. Il ne restait plus rien des bijoux qu'avait forgé Hest. Les larmes montèrent aux yeux de l'ancien esclave. Il avait au moins espéré trouver un héritage familial auquel se raccrocher, mais même ça, on lui avait enlevé. Même sa propre demeure lui semblait désormais hostile et étrangère. Il s'aventura dans la salle principale, aussi silencieux qu'un spectre. Là, il buta contre un objet lourd qu'il ramassa : un livre. Chassant la poussière d'un revers de la main, il feuilleta l'ouvrage et reconnu l'écriture soignée de sa mère : c'était le livre où elle avait recensé tous ses remèdes, et les plantes qu'elle utilisait pour les confectionner. Le jeune homme le glissa dans son sac, puis sortit. Il n'avait plus rien à faire ici.

    Sa monture l'accueillit d'un hennissement amical lorsqu'il revint vers elle d'un pas trainant. Il ne savait pas où aller. S'il tentait se se refaire une vie, tôt ou tard, on s'apercevrait de son statut d'ancien esclave, et les Tabor auraient sa peau. Il ne lui restait plus rien. L'Empire lui avait ôté la possibilité de se construire une vie normale, entre les deux factions en guerre, l'avait privé de sa famille, avait fait de sa vie un trou béant. Voir les vestiges de son enfance piétinée ne faisaient que renforcer son ressentiment envers les impériaux. Il s'ouvrit au brasier de haine qui consumait son coeur, et prit conscience de la puissance de ce sentiment, qui, il s'en rendait compte, l'avait maintenu en vie jusque là. Oui, il devait transformer cette force en quelque chose d'utile, il devait agir. Comme ses parents avant lui. Agir pour que personne n'ait à courber l'échine devant les impériaux comme il avait du le faire. Agir pour que personne n'ait à souffrir des inégalités engendrées par le système actuel. Le chemin à suivre lui parut désormais évident : il devait joindre ses forces aux rebelles. Ces nouvelles résolutions paraient sa situation de couleurs nouvelles, lui redonnant un sens. Cependant il lui restait le problème de sa destination à régler.
    Vers les montagnes ? Quelque part dans leur ombre se cachaient les Vardens, mais il ne saurait jamais les trouver seul, et errer dans les Beors ne lui rapporterait que des ennuis. Il pourrait très bien passer une vie entière dans les contreforts sans pour autant croiser un rebelle. Une seule alternative lui restait : se rendre jusqu'au Surda. A cheval, cela ne devrait pas lui prendre trop de temps, du moins sur la carte cela ne semblait pas trop éloigné. Là-bas, il lui serait possible de contacter les rebelles.
    Il enfourcha l'étalon et quitta le village fantôme, sans même un regard en arrière vers l'incarnation de son enfance réduite en miettes.

    ***
    -Puisque je vous dis que je ne suis pas un mercenaire ! Je souhaite me rendre au Surda. - protesta Laserian pour une énième fois. Laissez moi partir.-Tais-toi ! Ordonna sèchement le nomade.
    -Je suis originaire du Hadarac.
    -C'est ça, ironisa l'homme, et mon grand père est un Urgal. Le seul village où résidaient des sédentaires de ton genre a été brûlé il y a presque une décennie, et ses habitants n'avaient pas de quoi se payer un cheval de la sorte.

    Laserian soupira, bien conscient que les circonstances ne plaidaient pas en sa faveur. Les guerriers lui étaient tombés dessus au troisième jour de son voyage, alors qu'ils poursuivaient un groupe de pillards venus sévir dans les environs et qui étaient une véritable épine dans le pied des tribus du désert. Le jeune homme, avec son cheval de race marqué aux armoiries d'un seigneur et ses armes de bonne facture avait tout du bandit de grand chemin, et ses piètres tentatives pour plaider sa propre cause s'étaient soldées par des échecs cuisants.

    -Nous allons laisser Akhou décider de ton sort.

    Laserian resta coi, se contentant d'espérer que le dénommé Akhou se révèlerait plus magnanime que ses troupes. Il prit donc son mal en patience.
    Lui et son escortent arrivèrent à une palmeraie en fin d'après midi, alors que les dunes se paraient de teintes flamboyantes. Étonnamment, les lieux fourmillaient d'activité. L'ancien esclave avisa des enfants qui courraient, des femmes qui s'occupaient de remplir des gourdes ou encore, armées jusqu'aux dents à l'image des hommes qui marchaient non loin de là. Beaucoup murmurèrent sur son passage, et même une ou deux insultes fusèrent, mais il s'efforça de ne pas en tenir compte. Après tout, s'énerver ne changerait rien à sa situation actuelle. Il parvint jusqu'à une tente et là, on le fit entrer après avoir patienté quelque temps, en s'assurant bien sûr que les liens qui entravaient ses poignets étaient bien serrés. Il faisait bien plus frais à l'intérieur. Des lampes à huile luisaient doucement dans la pénombre, et en face, installé tranquillement en tailleur sur une peau de bête...

    -Tu n'as pas l'air très costaud, pour un mercenaire, railla Akhou.

    Laserian se raidit, et il sentit son sang battre contre ces tempes. Voilà bien longtemps qu'il avait renoncé à trouver le propriétaire de cette voix. Elle lui avait pourtant apporté tant d'ennuis qu'il ne l'avait jamais oubliée.

    -Vous ! S'exclama-t-il.

    Les émotions se bousculaient en lui. Les pièces du puzzle qu'il n'avait jamais pu totalement résoudre s'emboitèrent peu à peu dans son esprit et tout ce qu'il n'avait pu s'expliquer auparavant devint clair comme de l'eau de roche. Il ne savait pas quoi éprouver vis à vis de l'homme à la peau noire en face de lui. Il ne lui avait rien fait personnellement, mais s'il n'avait pas fourré son nez à Alme, le village ne serait pas en ruines envahies par le sable. Il fixa le regard interrogatif du meneur sans ciller.

    -Vous êtes aux service des Vardens n'est-ce pas ?
    -Il ne me semble pas te connaître, répliqua le guerrier sans se départir de son regard malicieux, et puis, ce n'est pas à toi de poser des questions.
    Laserian vit rouge, voilà 10 ans qu'il se posait des questions. S'il se retenait une minute de plus, il allait exploser.


    -Vous allez prendre le temps de m'écouter, fit-il d'une voix étonnamment autoritaire. Après tout c'est vous et vos guerriers qui avez interrompu mes projets, vous me devez bien ça. Quels sont exactement vos dessins, et que veniez vous faire à Alme, chez mes parents ? C'est votre faute, si tout le monde est mort ! Vous n'auriez jamais dû venir chez nous !

    Sa tirade s'acheva en un cri, et les soldats qui l'entouraient se rapprochèrent imperceptiblement de lui, inquiet de voir leur otage s'exprimer aussi passionnément. Leur chef quant à lui, caressait sa barbe pensivement, et ne cachait plus sa surprise. Ses traits reflétaient désormais un profond chagrin, et il sembla vieillir de plusieurs années.

    -Fut un temps où mes missions me conduisaient vers ce hameau en effet. Mais... La dernière fois que je me suis rendu sur les lieux, toute vie avait été balayée du village. Les cendres étaient encore chaudes quand nous arivâmes. Nous n'avons trouvé aucun survivant, du moins jusqu'à aujourd'hui. Approche toi voir. ( Laserian s'exécuta)Non, je ne te connais pas. D'ailleurs, tu n'as même pas le physique des gens du village, mis à part …

    L'homme interrompit sa phrase et se figea. Ses yeux s'écarquillèrent, et il regarda son captif avec un intérêt neuf au fond du regard.

    -Tu es le fils de Tamara et Hest n'est-ce pas ? Mais... Comment est-ce possible ? Tout le monde est mort. Et personne n'était présent dans des lieues à la ronde !
    -Elle m'a aidé à m'enfuir. Vous saviez qu'elle était magicienne, je suppose ( il ne put contenir une pointe d'amertume). Des marchands d'esclaves m'ont trouvé dans le désert.

    S'ouvrir à un inconnu le dérangeait, bien qu'il sût que ses parents avaient fait confiance à Akhou, aussi le chef n'eut qu'un résumé succin de sa vie d'esclave, puis de sa fuite. Un silence gêné s'installa entre les deux hommes, troublé de temps en temps par les cliquetis des armures des guerriers ou des bijoux en tout genre du chef.

    -Tes parents étaient des gens biens qui ont oeuvré énormément pour notre cause. Ils ont sauvé beaucoup de vies en organisant des convois de vivres vers Farthen Dur lorsque les temps étaient difficiles.
    -Et en échange, l'Empire a pris les leurs, ne put s'empêcher de répliquer le jeune homme, acide. Et personne n'a été là pour les aider, eux.
    -Paix, mon garçon. Leur mort nous a touché, plus que tu le penses. Nous les respections beaucoup. Ton père était même un de mes meilleurs amis. Leur position n'était pas sans risques, et ils le savaient. Cependant à leur façon ils se battaient pour nos idéaux. Tu as raison, les miens et moi-même sommes bien au service des Vardens, tout comme tes parents l'étaient. Maintenant que tu en sais un peu plus, me diras-tu pourquoi tu es revenu ?

    -Je veux rejoindre les rebelles. Il ne laissa pas à son interlocuteur le temps de le couper. Pour beaucoup de raisons. Je suis bien placé pour savoir quelles horreurs le monarque actuel soutient, ou du moins sur lesquelles il ferme les yeux. J'ai vu la misère, de mes propres yeux. J'ai vu ceux qui sont en haut de l'échelle, qui marchent sur le dos du peuple. Et je veux venger mes parents. Je n'ai pas d'avenir tant que l'Empire existe, si ce n'est le combattre .J'ai des compétences en magie, et j'apprends vite. Je ne serai pas un fardeau.

    Le nomade le jaugea du regard, puis prit posément la parole :

    -Je ne peux te mettre en contact avec ma hiérarchie dans l'immédiat, mais je peux t'engager dans mes troupes. Néanmoins, il te faudra faire tes preuves. Cette solution te convient-elle?

    -Je crois.

    -Bien. Avant que tu n'ailles rejoindre mes guerriers, je voudrais te donner quelque chose. Viens là.

    Un des gardes lui détacha ses liens, et il rejoignit Akhou. Ce dernier porta une main à son cou, et tenta de démêler les dizaines de colliers qu'il portait. Il en défit un, et le tendit à Laserian. En le faisant glisser dans sa paume, ce dernier observa le bijou : un faucon prenant son envol, au yeux étincelants. Le style du pendentif était bien familier au jeune homme, et une vague de gratitude lui emplit le coeur :

    -C'est très généreux de votre part.

    -Ton père me l'avait forgé, en cadeau. Il te revient désormais. Allez va ! Numrah va te présenter le camp.

    Laserian salua le chef. Alors qu'il allait passer le seuil, Ahkou l'interpela une dernière fois :

    -Et Laserian … Tes parents seraient fiers de toi.

    ***

    - Allez, accélérez ou ils nous aurons ! s'époumona Laserian.

    Les flammes rougeoyèrent dans la nuit, et la créature rugit à nouveau. Le dragon et le parjure avaient surgit dans la nuit, à l'improviste, les surprenant alors qu'ils étaient sur le point de s'arrêter pour la nuit. Akhou les avait chargés de transmettre un message à Farthen Dûr. Voilà une semaine qu'ils avaient quitté le camp, lui et la troupe dont il avait la charge. Ils connaissait bien ces hommes. Certains lui avaient même appris à se battre convenablement à l'aide d'une épée, alors qu'il manquait de technique à son arrivée. Un autre magicien était dans la troupe. Depuis que Laserian s'était placé sous le commandement d'Ahkou, deux ans s'étaient écoulés, durant lesquels il avait accomplis diverses missions : sabotages, embuscades, attaque de convoi d'esclaves. Le jeune homme s'était assez rapidement fait une réputation, pour avoir sauvé à plusieurs reprises ses compagnons dans des situations critiques en se servant de son sens de la stratégie. C'était cette qualité qui avait poussé Akhou à l'envoyer à Farthen Dûr, afin qu'il puisse être utile ailleurs que dans le désert, ou de moins en moins de choses se passaient. Dans une missive, il l'avait conseillé comme stratège, rien de moins. Le jeune homme lui avait rit au nez, puis s'était aperçu que son chef ne plaisantait pas. Des situations critiques, comme celle qu'il était en train de vivre. Pourtant ils étaient presque arrivés ! La cascade que son supérieure lui avait décrite était toute proche ! Il entendait le rugissement de l'eau qui se fracassait sur la roche.

    -Séparez vous ! Sinon ils vont nous avoir comme des rats, cria-t-il.

    Les guerriers s'espacèrent, afin de déstabiliser le dragonnier et sa monture. Laserian pesta : ils ne pouvaient absolument pas affronter l'homme et son dragon de face. Ils avaient déjà tué un des guerriers, dont le cheval avait trébuché. Les quelques secondes que le malheureux avait perdues lui avaient été fatales. Depuis chacun priait pour que leurs chevaux aient le pied sûr dans ce terrain inconnu et ne commettent pas de faux pas. La lumière des flammes déchira encore la nuit, et l'ancien esclave sentit une vague de chaleur dans son dos. Un cri de souffrance déchira la nuit : Ando ? Emett ? Le coeur de Laserian se serra, mais il chassa vite son chagrin de son esprit. Avancer, garder son sang-froid et ne penser à rien d'autre qu'à survivre. Et continuer à diriger ceux qui survivaient. Il se laisserait aller aux larmes plus tard.

    Un coup d'oeil en arrière lui suffit à analyser la situation : la bête volait au ras du sol et ses ailes faisaient vrombir l'air sans interruption. Son cavalier avait le regard acéré d'un oiseau de proie, et ses cheveux argentés aux surprenantes pointes rouges volaient dans la pénombre. Ses traits avaient indubitablement quelque chose d'elfique, et Laserian pesta de voir des membres du Beau Peuple passer ainsi dans le camp ennemi : les elfes, contrairement à l'opinion la plus répandue, n'étaient pas tous des anges. D'ailleurs, le nouveau monarque qui s'était accaparé le trône en était un : Samaël. Depuis son arrivée au pouvoir les choses s'étaient corsées pour les Vardens, surtout pour ceux qui comme Akhou et sa troupe, agissaient par groupuscules en guérilla : les rumeurs circulaient sur la puissance du roi et de son entourage, et des racontars divers mentionnaient la présence d'Ombres dans la capitale même, en plus de l'ancien régent, Valendil Elesnar . Le magicien espérait que son poursuivant n'en était pas un. Avec sa bête aux écailles qui reflétaient la lumière lunaire, on aurait dit deux spectres. On ne pouvait lui donner un âge précis, mais Laserian devina par sa fougue qu'il devait être assez jeune. Il fallait qu'ils gagnent le couvert des pins, où leurs poursuivants auraient plus de mal à les traquer et devraient prendre de l'altitude.

    Il reporta son attention sur le paysage nocturne qui lui faisait face : la cascade n'était plus qu'à à peine une lieue de là. C'était peu... Et énorme à la fois. Encore certains d'entre eux mourraient sans pouvoir se défendre. Le magicien voulut étendre sa conscience aux alentours, comme le lui avait appris un des magiciens d'Akhou, pour savoir combien de ses camarades étaient encore en vie, mais à peine eut-il abaissé ses barrières mentales et déployé son esprit qu'une présence inconnue força sa conscience, et le contraignit à se refermer sur lui même. Il jura, impuissant : dans ces conditions impossible de savoir qui était encore en vie : chacun allait devoir se débrouiller seul. Laserian se coucha encore un peu plus sur l'encolure de l'étalon, qui soufflait comme une forge, et laissa l'animal suivre son instinct, se contentant de veiller à ce qu'il garde le bon cap. Ainsi cavalier et cheval atteignirent le couvert de la forêt de conifères, alors qu'à leur droite, le déluge de flammes issu des entrailles de la créature reptilienne faisait une nouvelle victime. Il prit sur lui pour ne pas rebrousser chemin : il ne pouvait plus rien faire pour le défunt, sinon ne pas rendre son sacrifice inutile en continuant d'aller de l'avant. Le vacarme de la chute d'eau devint bientôt omniprésent, couvrant les rugissements du dragon et les bruits de la forêt. L'impérial et son redoutable allié avaient-ils jugé avoir terminé leur danse macabre ? Laserian n'osait même pas abaisser ses barrières mentales pour le vérifier. C'est au grand galop qu'il atteignit les rives du lac. Une peur panique s'empara de lui lorsqu'il s'engagea en terrain découvert. Pour l'instant, personne d'autre que lui n'était en vue.

    C'est alors qu'une masse argentée plongea du ciel et atterrit en face de lui, lui bloquant le passage de sa masse. L'étalon se cabra et Laserian vida les étriers pour s'écrouler au sol. Un nuage de fumée sortit des naseaux du dragon, et le jeune homme, alarmé, ne perdit pas de temps à se jeter dans les eaux sombres du lac pour éviter la langue de feu qui l'aurait réduit en cendres. La température de l'eau en surface grimpa lorsque, impuissante, la bête dirigea son souffle ardent vers l'onde. Laserian avait retenu sa respiration et nageait en apnée vers la cascade. Quelques secondes passèrent , puis un léger bruit d'éclaboussures l'avertit que le jeune parjure avait plongé à sa suite. Même sachant pertinemment que ses chances de vaincre un elfe à la nage étaient minces, l'ancien esclave accéléra sa nage autant qu'il le pu. Néanmoins l'air vint à lui manquer, et à quelques pas seulement de la cascade il dut reprendre sa respiration. Alors qu'il s'apprêtait à replonger, son poursuivant lui enserra le cou par l'arrière et tenta de l'entrainer vers les profondeurs. Laserian se débattit comme il put, mais sa force était dérisoire face à celle du dragonnier. Faisant fonctionner son cerveau à toute vitesse, il agrippa le pommeau d'une de ses dagues et la retournant vers lui, il la planta dans le bras de son adversaire. La pression se relâcha, et Laserian regagna la surface après avoir assené au parjure un coup à l'abdomen. Profitant de ce répit, il gagna la cascade en surveillant le dragon et ses flammes dévastatrices du coin de l'oeil, puis s'apprêta à plonger sous la muraille liquide. C'est alors qu'une pluie de flèches venues des rochers s'abattit sur la créature. Elle mugit quand certaines lui touchèrent les ailes, et lança un regard angoissé vers le lac, où son dragonnier n'avait toujours pas refait surface. Adressant un rugissement de menace aux archers, et après un regard furibond lancé à Laserian, elle plongea étendue d'eau. Lorsqu'elle en ressortit, elle tenait délicatement dans ses pattes avant le parjure blessé. Le magicien n'arriva pas à déterminer s'il était vivant ou inconscient. Il s'empressa de passer sous la cascade. De l'autre côté, un drôle de petit homme lui tendit une main solide et le hissa hors de l'eau. Derrière lui se tenait un petit bataillon d'hommes en armures. Laserian y vit avec soulagement certains de ses camarades. Le nain passa une main dans sa longue barbe rousse, et déclara avec un fort accent :

    - Bienvenue à Tronjheim, bonhomme.

    Je marche sur vos traces

    -Resmey et Murtagh sont morts.

    Le silence tomba brutalement dans la tente, où les trois généraux et quelques élus se trouvaient. Laserian serra la carte qu'il venait de sortir d'un coffre si fort que ses doigts en blanchirent. Comme à son habitude, il refoula ses propres sentiments pour se pencher sur les conséquences de ce désastre. Sans eux, le système entier menaçait de s'écrouler. Ils étaient les figures de la révolution auprès des soldats, des chefs charismatiques que les rebelles suivaient par admiration, des guerriers puissants dont la force allait leur faire défaut sur le champ de bataille. Le stratège craignait que la mort des deux leaders de la révolte ne mine le moral des soldats, faute de piliers auxquels se raccrocher. Rien que le visage des hommes et des femmes de la tente suffisait à confirmer ses soupçons. Si même eux se laissaient aller au désespoir, comment les troupes allaient-elles prendre la nouvelle ?

    Il connaissait les soldats. Ces quelques années passées sur les champs de batailles lui avaient enseigné leurs forces et leurs faiblesses. Les conseillers n'avaient pas tardé à mettre ses compétences de stratège à profil, l'envoyant sur le champ de bataille assez rapidement après son arrivée à Farthen Dûr. Ses compétences en matière de stratégie avaient été rapidement reconnues, et après deux an à prendre du grade et de l'expérience, il avait été promu général des armées. Il mettait en application tout ce qu'il avait appris en secret à Dras Leona, et tirait profil du sens de l'observation qu'il avait acquis là-bas pour décortiquer les stratégies adverses, ou du moins tenter de les prévoir. Il élaborait également des stratégies audacieuses qui parvinrent à plusieurs reprises à leur garantir la victoire, ou à les sauver de situation délicates. Laserian avait enfin le sentiment d'avoir trouvé sa place, et de se rendre utile en mettant ses capacités au service de la bonne cause. Les différents paramètres d'une bataille lui étaient désormais familiers : il fallait gérer l'infanterie, la cavalerie, les armes de sièges, les dragonniers... Ces derniers l'avaient particulièrement impressionné, surtout leurs compagnons à écailles. Le jeune homme avait du mal à se sentir à l'aise parmi les gigantesques créatures. Il utilisait donc la puissance de frappes des mythiques montures des dragonniers, mais ne prolongeait jamais plus que nécessaire les contacts avec elles : il ne se rappelait que trop bien ce qui avait détruit son village et bouleversé sa vie. Il n'avait d'ailleurs regardé leurs oeufs que de loin, ne sachant pas trop comment il réagirait si l'un d'entre eux venait à éclore pour lui.
    Stoppant ses spéculations, il observa attentivement les visages des personnes présentes dans la tente. Ce qui allait être décidé, maintenant, aurait de grandes conséquences pour l'avenir des Vardens. Les membres du conseil des Anciens se lancèrent des regards appuyés. L'un deux, un homme mince et vouté, leur demanda de quitter le pavillon.

    ***
    Laserian passa une mauvaise nuit, ne cessant de se ressasser les évènements de la veille. Il avait laissé libre cours aux émotions qu'il avait retenues plus tôt. Il pensait à Reymor, le fils des défunts, désormais orphelin. Qu'allait-il devenir ? Et les Vardens ? Sans figure de proue, autant abandonner tout de suite. Le jeune général soupira. La mort des deux leaders avaient transformé le camp en fourmilière. Lorsque les premiers rayons de l'aube filtrèrent à travers les nuages, un messager lui apprit que le Conseil requérait sa présence.

    Une fois arrivé dans la tente, des visages aux traits tirés par la fatigue et par le chagrin se tournèrent vers lui à l'unisson. Les membres du Conseil avaient dû débattre toute la nuit durant. Il s'inclina brièvement, puis attendit qu'on lui donne les raisons de sa convocation. Il était assez perspicace pour comprendre que la disparition de Resmey et Murtagh y était pour quelque chose. Néanmoins, mieux valait que les conseillers abordent le sujet eux-même.
    Sabrae finit par prendre la parole :

    - Mes consoeurs et mes confrères avons longuement débattu quant à l'attitude à adopter après la tragédie que tu n'es pas sans ignorer. Nous ne pouvons laisser les Vardens baigner dans leur chagrin. Il nous faut aller de l'avant et rester forts, malgré la douleur que nous cause la disparition de Murtagh et de Resmey.

    Laserian acquiesça en silence. Il en était arrivé aux mêmes conclusions. Sabrae continua :

    -C'est pourquoi il nous faut un nouveau chef. Tu as fait tes preuves parmi nous. Ton engagement contre l'Empire est fort. Nous pensons que tu es la personne idéale.

    Laserian en resta bouche bée. Il s'était plutôt attendu à voir un dragonnier succéder aux Vardens. Après tout les membres de la Confrérie, même placés sous le commandement Varden en temps de guerre, irradiaient la puissance et l'autorité. Ils n'avaient pas leur pareil pour galvaniser l'armée. Néanmoins, il reprit vite contenance. On lui laissait une nouvelle fois la chance de faire ses preuves. En tant que chef de guerre.

    -Votre confiance m'honore. Je ferai de mon mieux pour accomplir la tache qui m'est confiée.

    Un sourire amusé étira les lèvres de Sabrae :

    - Nous verrons. Depuis que notre organisation a été crée, chaque meneur a apporté quelque chose à notre rébellion. Ajihad nous a gardé en vie à Farthen Dûr. Nassuada nous a fait sortir de l'ombre et entamer notre marche contre l'Empire, et Murtagh et Resmey ont marché sur ses traces. Mais toi, que vas tu nous apporter ?

    Laserian parcourut l'assemblée du regard. Les conseillers étaient comme suspendus à ses lèvres. Le nouveau meneur des Vardens leur offrit un mince sourire, et leur répondit, une lueur de détermination dansant dans ses iris émeraude :

    - La victoire.

    Du moins, l'espérait-il.



Dernière édition par Laserian le 02.02.13 10:22, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Laserian Sevatiel [Validé]   02.02.13 6:42

Quel immonde personnage tu es! Par ta faute, j'ai dû manger mon repas froid puisque je restais accrochée à la lecture de ta présentation.

En un mot j'adore et je n'ai rien à redire. Tu incorpores des petites touches qui m'ont fait sourire et Laserian me semble désormais bien plus intéressant maintenant.

PS: a une future rencontre entre toi et le fils du meurtrier de tes parents ^^.

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Laserian
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MessageSujet: Re: Laserian Sevatiel [Validé]   02.02.13 10:24

Merci Pyotr .

Pour le RP, j'y ai déjà réfléchi t'inquiète.

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MessageSujet: Re: Laserian Sevatiel [Validé]   02.02.13 11:13

T'as bien pris soin de mon petit PP =3
Je te le confie les yeux fermés ! Magnifique histoire, je valide immédiatement (histoire de rester officiel ^^).

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MessageSujet: Re: Laserian Sevatiel [Validé]   02.02.13 13:49

Ah ben l'attente valait le coup x) En un mot : splendide. J'adore ton style et ta prez est géniale ! Bonne continuation avec Las' ^^

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