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 Azael [VALIDE]

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AuteurMessage
Azael
Seigneur Parjure & Bras droit de l'Empire
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Féminin Nombre de messages : 195
Age : 22
Localisation : Route victoire, Kanto
Statut | Rang | Clan : Demi-elfe et Ombre/ Seigneur parjure/ Empire
Votre Dragon | Arme : Tintaglia / épée en vif acier : Hvitr Sundava
Age du personnage : Jeune dans sa tête
Date d'inscription : 13/06/2012

MessageSujet: Azael [VALIDE]   13.06.12 21:26

[justify]
Azael


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      • Nom: Kalyska
      • Prénom : Azael
      • Sexe : [ ♂/♀ ]♂


      • Âge du personnage : 27 ans
      • Clan rejoint : Empire
      • Race : Demi-elfe et Ombre


>>> Aspect physique
.
    • Physionomie : [ 5 lignes minimum ]
    Azael est plutôt de grande taille et mis à part de larges épaules qui montrent qu'il n'est pas un elfe de pure souche, il est fin et élancé. Ce n'est pas un gros tas de muscles : pas besoin d'une tonne de biscotaux quand on possède la force physique d'un Ombre.
    Son visage a quelque chose d'enfantin, comme si une part de l'enfant qu'il était avait voulu laisser sa marque et rester imprimée au moment de sa transformation . Il est plutôt beau à côté de ceux des humains, même s'il n'atteint pas la finesse des minois du Beau Peuple. Des boucles d'argent héritées de sa mère encadrent cette figure. Azael porte ses cheveux assez longs, jusqu'aux épaules, ce qui lui forme rapidement une tignasse sauvage s'il ne les entretient pas. Ils cheveux sont rougeâtres à leurs pointes, marque de son appartenance à la « race » des Ombres. Il a essayé plusieurs fois de modifier leur couleur totalement, comme le font les elfes, mais sans succès à son grand désespoir. Lui qui a développé un sens de l'esthétique assez aigu déteste le fait de ne pouvoir masquer entièrement les traits caractéristiques des Ombres : ainsi ses yeux sont bleus, mais parcourus de très fines veines rouges. Lorsqu'il perd le contrôle, ce qui devient de plus en plus rare, ils reprennent leur teinte d'origine. Il a réussit à son soulagement à cacher ses dents pointues et à les rendre normales, mis à part ses canines qui restent anormalement effilées.
    Ce mélange de traits des humains, des elfes et des Ombres lui donne un charme étrange : on l'imaginerait bien serpentant entre les arbres d'une forêt sombre, guettant des voyageurs pour les charmer et les perdre dans les bois. Il suscite à la fois crainte et admiration chez ceux qui l'observent. L'appel du gouffre sans fond si on peut dire.

    • Vêtements : [ 3 lignes minimum ]
    N'étant pas à l'aise dans tout ce qui est cottes de mailles, armures en fer et autres revêtements métalliques, il préfère pour s'entrainer ou pour combattre porter des protections en cuir, peut-être moins résistantes que les classiques mais qui permettent une plus grande liberté de mouvement et une certaine discrétion à terre, tout en restant relativement efficaces pour leur fonction de base : protéger. Pendant les batailles il passe un tabard rouge brodé aux armoiries de l'Empire au dessus.
    Pour tout ce qui relève des habits d'apparats, il possède une collection variée de tenues de soirées de couleurs aussi changeantes que ses désirs. Il accompagne souvent ces habits de gants, tout simplement parce qu'il les affectionne.
    Il ne se sépare que très rarement de son collier qui lui rappelle d'où il vient. Le pendentif d'ambre de ce dernier contient même un peu d'énergie qu'il a emmagasiné au cas où. Mais la pierre d'ambre ayant une origine végétale et non minérale, seule une faible quantité d'énergie peut être stockée.
    Il aime beaucoup les boucles d'oreilles, et on en voit souvent une ou deux accrochées à l'une de ses oreilles pointues. Quant aux bagues, il n'en porte qu'une : celle qui lui permet d'appliquer son sceau sur les papiers officiels.
    Ce n'est pas un vêtement à proprement, mais Azael ne se sépare jamais d'une arme. Il a toujours peur qu'on veuille lui planter un couteau dans le dos, donc il a toujours une lame sur lui, visible ou non. Bref, la confiance règne.

>>> Aspect psychologique
.
    • Psychologie : [ 5 lignes minimum ]
    Azael est narcissique, et a une très haute estime de lui même. Il est fier de ses compétences, sûr de lui. Il a en effet bien changé au fil des années qu'il a passé à la capitale et a pris énormément d'assurance, peut-être un peu trop. Ce brusque changement de personnalité est du au fait qu'il essaie de vivre dans une certaine osmose avec les esprits qui l'habitent, histoire qu'ils évitent de le faire souffrir inutilement. Il maitrise désormais bien ces derniers, et sa part d'humanité a fusionné presque entièrement avec eux, ce qui donne parfois des résultats bizarres. Il peut passer d'un état à l'autre, de la colère au rire, du sadisme à la compassion. Un doux lunatique. La plupart du temps il se donne un air joyeux et débonnaire, conscient que c'est ce qui lui donnera le plus de popularité à la cour. Il apprécie la compagnie de la gent féminine, même s'il n'a pas autant de succès que le fils Datsiouk, ce qu'il lui envie un peu : son amour propre en prend un coup.
    Au fond il digère toujours mal le fait de ne pas être totalement maître de ses émotions : ça aussi, c'est un coup à sa fierté.
    Il est très tenace, ce qui explique en partie qu'il ne soit pas déjà complètement fou, et va au bout de ce qu'il veut. Il n'abandonne jamais ce qu'il entreprend, et aime toutes les formes de défis. Il en trouve à son goût autant dans la vie quotidienne que sur les champs de bataille.
    Lorsqu'il perd la maîtrise, ce qui est de moins en moins fréquent, il est quasi impossible de le raisonner, et il a juste envie de faire passer tout ce qui est vivant dans l'autre monde illico presto, soumis aux pulsions meurtrières de ses démons. Seul Nymen peut exercer un contrôle sur lui lorsqu'il est dans cet état ce qui arrive quand il on le met vraiment dans une colère froide, où lorsqu'il est en danger de mort.
    Impossible de parler de la personnalité d'Azael sans dire un mot sur Nymen. Le dragon argenté est en quelque sorte la bonne conscience de l'Ombre. Il calme le tempérament fougueux de son dragonnier par sa nature posée, et le conseille souvent sur toute sortes de sujets. Bien sûr il reste un dragon, et aime donc les combats autant que les Ombres, mais il oriente souvent son « petit frère » sur le droit chemin.

    • Particularités : [5 lignes minimum ]

    Azael apprécie particulièrement l'art, et aime la peinture, la sculpture et tout ce qui est élégant et raffiné. De la même façon il apprécie la musique . Il s'adonne parfois à ces travaux artistiques . On l'aperçoit souvent dans les galeries d'art de la capitale. Il estime aussi que le travail du métal est un art, d'où son affection pour les armes : il en a toute une collection de formes diverses, qui parfois n'ont d'arme que le nom.
    Il aime beaucoup les chats, tous les félins en général, tout comme sa soeur Selena. Il envie sa panthère blanche qui la suit partout et a essayé en vain de l'apprivoiser par des cajoleries, mais la bête l'a toujours ignoré superbement.
    Une autre particularité : il est extrêmement paranoïaque. Il a peur qu'on lui « pique » sa place à la cour du roi et se méfie par définition de tout le monde, même des gens qu'il peut qualifier d'amis.



>>> Biographie
.
    • Histoire : [ 15 lignes minimum ]

    Le crépuscule tombait sur la capitale, et drapait de rouge les bâtiments immaculés de l'ancienne ville elfique. La lueur fantastique propre à cet instant entre le jour et la nuit, entre deux monde si différents, filtrait à travers le verre irisé des fenêtres en ogive de l'appartement. Les yeux rêveurs d'Azael s'attardaient sur la foule qui se pressait dans les ruelles en bas. Un sourire amusé étira ses lèvres : quelle ironie du sort, les braves gens de cette ville ignoraient que les êtres qui hantaient leurs pires cauchemars tenaient les rênes du royaume, et avaient leur petites vies placides entre leurs mains. Déjà que certains n'appréciaient pas qu'un elfe soit à la tête du royaume, alors si ceux-ci apprenaient que des Ombres avaient accès à de hautes responsabilités... Bah, de toute façon, les gens du commun ne pourraient rien y faire. Et puis s'ils avaient la moindre petite idée de la nature de maître Samaël, il n'oseraient même pas lever le petit doigt contre lui. Il s'arracha à cette contemplation avec regret : il devait se rendre à un dîner qui se tenait chez un noble de l'empire, et n'avait aucune envie de se bouger pour une fois. Il fit ses préparatifs, enfila une tenue d'apparat, natta ses cheveux dans son dos, puis s'apprêta à quitter son petit chez lui. Un reflet orangé attira son attention sur la petite commode se trouvant près du balcon. Effleurant le bois de chêne de ses doigts fins, il s'approcha de l'objet : un collier d'argent finement ciselé auquel pendant une mince larme d'ambre...

    Souvenirs souvenirs …

    17 ans plus tôt :

    Visite :


    Le gamin court dans les rues d'Osilon, son P'pa l'attend : il vient si peu souvent lui rendre visite ! Il est bien trop occupé avec cette guerre. Le petit garçon accélère encore, son collier oscillant au rythme de sa course effrénée. C'est un cadeau de sa mère. Le pendentif est fait d'une « larme de Menoa » : une goute de résine provenant de l'arbre mère chantée et changée en ambre par sa mère pour son cinquième anniversaire, afin que la force de la forêt soit toujours avec lui. Il court toujours : sur son chemin on le hèle, on rit joyeusement à son passage, on lui passe la main dans ses cheveux. Les enfants, même demi-sang, sont si importants chez les elfes. Il se sent bien ici. Sa mère lui a dit que dehors, on est pas à l'abri car les combats font ravage, et les elfes sont mal-vus. Seul le Du Weldenwarden est sûr : les créatures malfaisantes et les humains mal-intentionnés ne peuvent pas franchir les barrières magiques qui protègent ces bois. C'est une des raisons pour lesquelles son P'pa ne peut pas le voir souvent : ses visites obéissent à des règles strictes car l'entrée des humains dans la ville doit être contrôlée. Il ne comprend pas trop : son père n'est pas méchant pourtant il combat pour les Vardens, et pas pour l'Empire. Soudain la foule se fait moins dense, il l'aperçoit et se jette dans ses bras puissants en riant.

    « Dis Kyrsan, t'as pas fini tes gamineries ? » La voix est faussement outrée, et tous deux éclatent de rire ensemble. C'est toujours la première chose que son père lui dit quand ils se rencontrent, et c'est presque devenu un rituel entre eux. Ensuite, ils s'enfoncent tous deux dans la ville sylvestre. Kyrsan lui montre les maisons-arbres, et les merveilles de la ville, mais pourtant son père semble pensif et ne l'écoute que d'une oreille distraite. Il l'emmène dans les jardins des elfes, lui montre les écuries où les chevaux blancs viennent quand ils le souhaitent. Il ne se lasse pas d'en parler, il adore s'occuper d'eux et passe des après-midis entières à les panser, à parer leur sabots pour la plus grande joie de leurs cavaliers. Son P'pa acquiesce machinalement, perdus dans les méandres se ses pensées. Devant ce manque de réaction, le jeune demi-elfe croise les bras avec une moue de reproche. Il est tellement habitué à être écouté, adoré par les habitants de la ville que ce manque d'attention le vexe.

    « Pourquoi tu m'écoutes pas P'pa ? On se voit si peu, et on dirait que tu te fiches bien de ce que je te racontes ! T'es dans les nuages aujourd'hui ou quoi ? »

    Soudain sortant de son état second le guerrier regarda son fils avec stupeur comme s'il le voyait pour la première fois depuis des heures, au grand dam de ce dernier qui bouillonnait intérieurement. Il choisit ses mots avec soin avant de répondre :

    « Fils, j'ai beaucoup de préoccupations en ce moment, je te prie de m'en excuser. Tu sais la guerre … Toutes ces affaires de grandes personnes... Ca ne va pas fort. Ceci explique en partie pourquoi Oniria est resté avec les Vardens. »

    Oniria était la dragonne de P'pa. Elle possédait des ailes immenses, plus larges chacune que la maison qu'il partageait avec sa mère. Elle intimidait beaucoup le jeune garçon par sa taille et la force qui se dégageait d'elle. D'ordinaire son P'pa venait à Osilon à dos de dragon, et Oniria lui faisait toujours voir la forêt de là-haut pendant qu'elle séjournait chez les elfes. Il aurait voulu qu'elle vienne, qu'elle délaisse l'armée pour lui . Il ne comprenait pas pourquoi elle tenait tant à s'ennuyer avec des soldats au lieu de venir s'occuper de lui comme d'habitude. Comme percevant ses pensées, son père lui dit :

    « Les dragons aiment bien se battre, et l'armée a grand besoin de la puissance d'Oniria. Pour être franc avec toi, on ne peut pas dire que la tâche lui déplait. Grandis un peu, tu n'es pas le nombril du monde Kyrsan. Il y a plus important que ta petite personne dans l'univers. L'Empire est à nos portes, et l'apparition de ces Rebelles nous a pris par surprise. »

    «  Emmène moi avec toi alors ! » Répliqua-t-il, piqué au vif par ces paroles auxquelles il ne comprenait pas grand chose.
    «  Ta mère ne me laisserait pas faire, et puis c'est bien trop dangereux. Les champs de bataille ne sont pas un terrain de jeu pour un gamin de 10 ans. »
    «  Oniria et toi vous me protégerez, et puis je suis un demi-elfe, pas un humain. Je sais faire de la magie regarde ! »

    Joignant le geste à la parole, il fit apparaître avec fierté un globe lumineux dans sa paume. Son père le toisa un rien moqueur :

    « Bien petit, et avec ça tu crois faire fuir quoi ? Un écureuil ? »
    «  Oh P'pa ! C'est déjà mieux que ce que font les humains ! »
    «  Accessoirement, j'en suis un je te rappelle. Et tu l'es aussi à moitié. » fit le père entre deux gloussements.
    «  Oui mais tu es dragonnier, ce n'est pas pareil » s'offusqua le chenapan.

    Mettant fin à cette conversation, ils se dirigèrent vers la résidence royale. Kyrsan ne dormait jamais là-bas, mais son père, en tant qu'invité de marque, y logeait, et il avait décidé de passer la nuit avec lui, faisant fit des protestations de ce dernier qui aurait bien aimé passer la nuit tranquille.
    Aux alentours de l'aube, Kyrsan se réveilla et vit juste à temps la porte se claquer. Aussi silencieux qu'une ombre, il suivit la silhouette de son père qui s'enfonçait sous les arbres. La forêt devenait de plus en plus dense au fur et à mesure qu'ils avançaient. Il était fier de pouvoir suivre son P'pa ainsi sans se faire remarquer. La silhouette devant lui entra dans une clairière et s'immobilisa. Le garnement se dissimula donc dans les taillis et commença son attente. Après quelques instants qui lui semblèrent des heures, un dignitaire elfe apparut.

    « Ha ! Vous voilà enfin! La voix de P'pa avait perdu toute douceur. Pressons, je dois repartir dès demain. J'irai donc à l'essentiel sans passer par vos marques de courtoisie futiles, qui ne sont que pertes de temps. Mon régiment se fait taillader en pièce par l'Empire. Nous avons trop peu de magiciens ! Par pitié envoyez nous quelques elfes pour rétablir l'équilibre dans les plateaux de la balance.
    - »Un ou deux mages ne changeraient rien , » répliqua l'elfe d'une voix glaciale. « La dernière fois qu'une escouade d'elfes vous a été envoyée, vous leur avez fait prendre des risques inutiles, méprisant leur vie. Les gens de mon peuple ne sont pas des marionnettes entre vos mains. D'une voix pleine de venin, il ajouta. Je ne comprendrai jamais comment ma jeune soeur a pu s'éprendre de vous ».
    « Vos hommes, je les traite comme n'importe lequel de mes guerriers. Une vie humaine vaut autant qu'une vie elfique ! » Répliqua le dragonnier avec hargne, en faisant fit de la dernière remarque de son interlocuteur.
    « Vous n'aurez rien de plus de ma famille ».
    « Très bien, je repars donc dès l'aube ». Se tournant vers les buissons, il dit, « Viens donc me dire au revoir Kyrsan ».

    Paume et écaille d'argent :

    Il mit plusieurs jours à se remettre du départ quelque peu précipité de son père : il se posait maintenant une multitude de questions sur la guerre, sur ce qui se passait dehors et qui lui était caché. Mais aujourd'hui il avait d'autres préoccupations. La ville fourmillait d'activité et les jeunes gens défilaient devant des petits étals en bois. Sur ceux-ci , des gemmes ovales reposaient et brillaient doucement sous le soleil éclatant. Des oeufs de dragons. De toutes les couleurs, et de tailles diverses, ils étaient peut-être peu, mais suscitent l'intérêt des jeunes du Beau peuple. L'atmosphère était euphorique, et des rêves passagers flottaient dans l'air, des rêves de chevauchée d'êtres fantastiques, des rêves de gloire et d'aventures aux côtés de géants couverts d'écailles. Kyrsan ouvre sa conscience dans la joie générale et tend son esprit vers les créatures à l'abri de leurs coquilles. C'est alors qu'un frisson lui parcourut l'échine, il avait sentit quelque chose, un frémissement presque imperceptible avait retentit dans tous les esprits présents et avait résonné dans chaque fibre de son corps. Perplexe, il se coupa du monde et alla faire la queue devant un des stands. Après de longues minutes d'attente, il est enfin autorisé à s'approcher de l'étal qui l'intéresse.

    « Tiens Kyrsan, tu veux rejoindre la Confrérie ? Tu penses qu'un oeuf s'ouvrira sous tes doigts ? S'exclama le dragonnier en charge des oeufs avec chaleur. Tu as vu comme ils sont beaux ! Leur éclat rivalise avec les plus belles gemmes ! Nul n'égale la splendeur des dragons, même à l'état d'oeuf.
    « Certainement, répondis le garçon, amusé par la conviction de son ainé. »
    « Tu n'es pas un peu trop jeune pour prendre l'un d'eux chez toi ? »
    Kyrsan lui jeta un regard suppliant qui fit fondre tous les scrupules de l'elfe.
    « Bon... On ne te refuse rien pas vrai petit fripon ? Tu sais t'y prendre pour amadouer ton monde. Va, choisis en un et emporte le chez toi ! Mais évite de crier la nouvelle sur les toits, hein ? »

    Kyrsan lui fit un clin d'oeil pour montrer qu'il avait compris, puis se saisit un oeuf sous le coup d'une intuition subite et détala avant que l'autre ne change d'avis.

    « Et ramène le demain sans faute ! » Fit une voix derrière lui , mais le garçon l'entendit à peine car il était déjà loin. Arrivé chez lui il s’affaissa sur son matelas et prit le temps de contempler l'objet. L'oeuf faisait environ 5 pouces de long et sa surface était parfaitement lisse et douce au toucher. Elle dégageait même une certaine chaleur. Le demi-elfe l'avait choisit pour sa couleur singulière à côté des tous les autres aux tons bruns : l'oeuf était argenté, quasi blanc, et parcouru de mince veines bleutées. Il semblait fait d'argent le plus pur qui soit et le garçon passa des heures à s'amuser à l'examiner sous diverses lumières, jouant avec les reflets. Vint un moment ou il se demanda si l'être enfermé là-dedans était malheureux. Il ne concevait pas qu'on puisse passer des siècles dans un endroit aussi étroit. Il projeta donc sa conscience vers l'être tapis dans l'oeuf. Bizarrement il ne pouvait pas entrer directement en contact avec lui car des sortes de..flux de magie circulaient autour, mais le petit dragonneau était loin d'être en sommeil là dedans. Au contraire il débordait de vie et répandait un sentiment de joie dans tout son être. Un sourire béat s'afficha machinalement sur ses lèvres : le bonheur simple de cet être était contagieux. Alors il resta simplement là, assit les bras croisés sur ses jambes.
    Il sortit de ses rêveries quand un craquement sec retentit dans l'étroite pièce. La lumière avait disparu, et il était nuit. Il n'avait pas vu le temps passer et l'obscurité l'avait surpris. Son regard rencontra l'objet ovale dans ses mains : cette fissure n'était pas là avant, il en était certain. Il n'eut aps le temps de réfléchir plus longtemps car un cri perçant lui vrilla les tympans, suivit d'un nouveau craquement. Des pas précipités retentirent et sa mère apparut brusquement sur le seuil. Elle avait les larmes aux yeux, et il ne comprit pas pourquoi. Dès qu'elle vit l'oeuf, elle fit :

    "Mais qu'est-ce que tu fais avec ça ? ! Tu n'as pas le droit de...S'interrompant soudain, ses yeux incrédules et humides de pleurs fixèrent la fissure . Je ne sais pas si c'est farce ou tragédie...Avec Un sourire à la fois émerveillé et triste sur les lèvres, elle poursuivit : Le temps des larmes viendra plus tard : profite de ce rare instant de joie mon fils."

    Kyrsan entendait à peine ses paroles. En effet son attention était dirigée sur la petite tête argentée qui avait émergé de l'oeuf brisé, et qui l'observait comme s'ils se connaissaient déjà depuis des lunes. Timidement, il mêla son esprit à celui de la créature. Un dragon mâle, indubitablement : la musicalité de son esprit était plus grave que celle qui caractérisait Oniria. D'un pas claudicant, il s'approcha de son jeune dragonnier qui tendit sa main droite pour effleurer sa tête écailleuse. Dès que sa paume entra en contact avec le cuir du bébé dragon, une décharge atroce lui parcourut le bras, se répandant dans tout son être. Sa paume le démangea furieusement, comme dévorée de l'intérieur par une nuée d'êtres minuscules, et il l'aurait gratté jusqu'à l'os s'il avait pu bouger. Lorsqu'il reprit possession de ses esprits il était couché en chien de fusil, son nouveau compagnon roulé en boule au creux de son ventre.

    Jeux d'Ombre :

    La lumière du jour le réveilla le lendemain matin. Tâtonnant son lit, il remarqua que son nouvel ami avait disparu. Cependant Kyrsan sentait encore ça présence, il n'était pas inquiet. Il descendit les quelques marches de chêne qui le séparaient de la pièce principale de la hutte et vit sa mère occupée à chanter une magnifique fleur pourpre. Beaucoup de douleur se dégageait du chant, et l'enfant se souvint alors de son état étrange la veille. Le dragonneau était là lui aussi. Il se jucha d'ailleurs sur ses épaules ce qui attira l'attention de l'elfe. En trois pas elle le rejoignit et l'étreignit tendrement, la voix encore entrecoupée de sanglots.

    « Mère, que se passe-t-il ? »
    « C'est terrible Kyrsan : Oniria est tombée... L'armée... Trop nombreux pour elle... Des magiciens.. »
    « Mais, c'est impossible, elle ne peut pas mourir ! » la coupa son fils.

    Il avait comme reçut un coup dans l'estomac. La dragonne émeraude lui avait toujours paru indestructible, invincible. Le symbole même de la force et de la sagesse. Un monde de certitudes venait de s’écrouler. Il l'avait toujours considérée comme membre de la famille, même si elle faisait bien dix fois la taille de la maison. Le demi-elfe éclata en longs sanglots et seule une vague d'apaisement en provenance du dragon d'argent réussit à l'apaiser.

    « Et P'pa... Il est vivant, hein ? Dis moi qu'il est pas mort ! » Cria-t-il entre deux sursauts.
    « Il va venir ici dans quelque temps. Mais... Il est brisé. Presque 50 ans à partager la vie d'Oniria, ses joies et ses peines... ça ne s'effacera pas comme ça. Tu es sûrement plus à même de comprendre tout ceci que moi désormais. Elle regardait le compagnon de son fils avec un mélange de joie et de tristesse dans le regard. Prends bien soin de lui dragon, et protégez vous toujours de votre mieux, à jamais. »
    « Pour toujours et à jamais » répéta pensivement Kyrsan en ancien langage comme en écho aux paroles de sa mère.
    «  Pour toujours et à jamais » fit le dragonneau d'une voix hésitante.

    Pendant quelques semaines, Kyrsan et son dragon, qu'il nomma Nymen, apprirent à se connaître de leur mieux et à s'habituer aux habitudes de chacun. Le dragon argenté grandissait à une vitesse surprenante, et ils durent aménager la hutte en la chantant pour qu'il puisse passer sa tête par les fenêtres de la maison. Souvent Kyrsan préférait dormir dehors à l'abri des ailes de compagnon et devisait avec lui jusque tard le soir. Très vite le dragon, par son immense mémoire ancestrale, devint plus mature que le demi-elfe. Il tempérait le caractère narcissique de ce dernier qui était maintenant encore plus choyé par les elfes de la ville de part son nouveau statut de dragonnier, et qui ne se privait jamais d'une occasion de s'en vanter auprès des plus grands. Leurs esprits étaient toujours mêlés, où qu'ils aillent, et protégés comme ils l'étaient à Osilon, ils n'avaient aucune raison de se séparer. Chacun pouvait ainsi anticiper les gestes et réactions de l'autre. Kyrsan ne savait jamais si, lorsqu'il volait avec Nymen, il battait des ailes avec le dragon ou s'il était simple spectateur,et Nymen parfois s'étonnait de pensées qui trottaient dans sa tête, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elles ne lui appartenaient pas.

    Un jour, Kyrsan et Nymen scrutaient la forêt à la recherche de gibier pour le dragon lorsqu'un esprit les contacta. Cette âme était si remplie de douleurs et de peines, si confuse que le jeune garçon se retira en lui-même par frayeur avant de reconnaître son père. Nymen atterrit près du voyageur et de son escorte et se plaça devant son père. Celui-ci ne le vit pas, même quand ses yeux se posèrent sur lui. Les deux iris verts avaient quelque chose... De vide. Sans un mot, Kyrsan chemina aux côtés de son père jusqu'à la cité des elfes, Nymen planant silencieusement au dessus d'eux.
    Deux soirs plus tard, trois petits coups secs retentirent à la porte de la cabane. Le demi-elfe alla ouvrir et vit avec surprise son père sur le seuil : celui-ci ne lui avait pas parlé depuis son arrivée.

    « Viens. » Murmura-t-il.

    Kyrsan arqua un sourcil devant cet étrange comportement, mais ne posa aucune question et suivit cette figure en qui il avait tant confiance. Il regarda Nymen qui dormait tranquillement, il ne servait à rien de le réveiller. D'un pas souple il suivit le vétéran, sans un mot. Arrivé au couvert des arbres, ce dernier se retourna et agrippa le bras de son fils d'un air hagard, les yeux vitreux.

    « Pourquoi, pourquoi, hein ? Pourquoi elle et pas lui ! » Son index était pointé en direction de la cabane.
    Kyrsan ne comprit pas un quart des bredouillements incohérents que l'ancien dragonnier murmura ensuite dans sa barbe. Il se contenta de continuer à le suivre, toujours en silence bien qu'un sentiment de malaise s'installait en lui. Les lumières sans flammes d'Osilon se dissipaient peu à peu, et son lien avec Nymen s'atténuait au fur et à mesure qu'ils marchaient. Encore une fois, le bretteur s'arrêta et se retourna vers lui, une lueur étrange au fond des yeux :

    « Fils, ne m'avais-tu pas déclaré que tu voulais contribuer à remporter cette guerre ? »
    « Oui P'pa bien sûr, mais je... »
    « Ne veux tu pas participer toi même à la victoire sur l'Empire ? J'ai peut-être une solution... »
    « Tu sais bien que tu peux compter sur moi, P'pa... »

    Le ton plein de désespoir de son père l'alarmait quelque peu, mais si en lui faisant plaisir il réussissait à le calmer... Kyrsan n'avait que 10 ans, et voir son père dans cet état le rendait malade d'inquiétude. L'homme semblait brisé comme du verre, il semblait perdu.

    "Continuons alors."

    Et la marche repris, plus intense que jamais. Au bout de ce qu'il lui sembla des heures, ils arrivèrent dans une clairière. Là des feux étaient allumés. L'angoisse de Kyrsan monta d'un cran lorsqu'il vit de nombreux inconnus, humains. Il en dénombra une vingtaine et avaient tous le même air désabusé quand ils le regardaient, comme s'ils semblaient désolés. L'ancien dragonnier était de plus en plus fébrile, il cramponna la main de son fils et le traina au milieu de l'assemblée. Kyrsan sentit vaguement Nymen grogner dans son sommeil. Il commençait à avoir franchement peur. Son père tonna d'une voix forte :

    « Mes frères, aujourd'hui est le jour des rires et des larmes. Vous savez tous pourquoi nous sommes ici, nous allons vaincre. Vaincre le mal par le mal, puisqu'il semble que ce soit la seule solution qu'il nous reste. Le roi est invincible. Nos meilleurs combattants ont trouvé la mort en l'affrontant. J'apporte une solution avec ce garçon, une chance d'équilibrer les forces. Vous tous avez accepté de me suivre, de me donner votre aide et votre pouvoir pendant que j'accomplirai l'incantation. Nos supérieurs jugeaient que c'était folie, moi je juge que c'est raison. »
    Kyrsan secoua sa main pour attirer l'attention de son père.
    « P'pa je veux rentrer... je veux voir Nymen, et mère. »
    « Fils, tu vas nous apporter la chance de vaincre notre adversaire... N'était-ce pas ce que tu souhaitait, m'aider ? Contribuer à l'établissement d'un monde meilleur, débarrassé des sbires de l'Empire ? Tu sera notre bras armé, tu sera l'instrument qui nous mènera à la victoire. Maintenant cesse tes gamineries et laisse toi faire. »

    Kyrsan se tut mais pleura silencieusement, s'attirant un regard mauvais. Nymen s'agita encore dans son sommeil, sentant l'inquiétude de son compagnon de lien. Les hommes en noir se mirent à chanter en anciens langage en invoquant de la magie. Mais ce n'était pas une magie propre comme celles des elfes. Le garçon avait conscience de mailles de flux magiques se resserrant autour de lu, et cela l'effarait. Les mots qu'ils comprenait dans les messes basses des magiciens l'effrayaient : les elfes ne les prononçaient devant lui qu'en de rares occasions. Avec effroi, il vit un des magiciens s'approcher un couteau à la main. Il eu un affreux pressentiment et se dégagea donc de la prise de son père, il se mit à courir pour rentrer chez lui en hurlant à l'aide, retrouver Nymen et la sécurité de sa présence. D'une phrase crachée en ancien langage, le magicien le contraint à l'immobilité.

    « Reste ici tu veux. »

    Et d'un geste ample, il érafla la main de Kyrsan et lui préleva quelques goutes de sang. Les incantations reprirent de plus belles tandis que le demi-elfe serrait sa main qu'on avait pas pris la peine de soigner : il était question de lier des choses à... Lui ? L'effroi de son dragonnier réveilla cette fois le dragon définitivement. Il décolla et se mit à la recherche de son protégé avec inquiétude. Le père de Kyrsan se tourna ensuite vers son fils et lui dit :

    « C'est la seule solution, fils. » Il avait presque l'air de s'excuser maintenant.
    « Etes vous sûr que vous pourrez garder la créature sous contrôle ? Fit l'un des magiciens. Nous allons sceller beaucoup d'esprits en lui... Il serait dangereux qu'un tel fléau ne soit pas maîtrisé.
    « Je connais son véritable nom. » Répondit simplement son père.« Finissons-en. »

    Son père prononça alors un mot, un seul qui fit vibrer tout son corps. Le garçon voulut bouger, mais il semblait qu'il n'avait plus de pouvoir sur lui-même. Soudain, il sentit quelque chose entrer dans sa tête, quelque chose qui était appelé par les enchanteurs autour de lui. L'être semblait en colère, il n'avait jamais sentit quelque chose aussi plein de haine. Haine pour ce qui l'entourait, haine pour le monde en général. Kyrsan hurla, et se pris la tête entre les mains. La chose lui faisait mal, elle lui brulait l'intérieur de la tête. Il se replia en lui même, alors que d'autres créatures étaient invoqués en lui. Elles ne voulaient pas être enfermées dans ce corps, elle voulaient être libres, et le mélange de désespoir et de hargne qui les habitaient le consumait petit à petit. Il n'avait même plus conscience de Nymen qui volait vers lui aussi vite qu'il pouvait. Les esprits se liaient à lui comme s'était lié le dragon d'argent, pourtant lui ne voulait pas d'eux. Mais dès qu'il essayait d'en chasser un, son père prononçait son vrai nom, et il n'avait plus le choix.

    « Pourquoi sommes nous enfermés ici gamins ? »
    « Laisse nous partir. »
    « Nous ne voulons pas rester ici. »
    «  Tu vas payer pour avoir osé nous invoquer, nous sommes trop puissants pour toi »
    « Laisse nous rentrer chez nous »

    Ces mots l'agressaient, les esprits lui faisaient mal. Il ne pouvait pas céder à leurs exigences. Nymen rugit, impuissant devant la douleur de son ami car les esprits le repoussaient dès qu'il voulait entrer en contact avec le garçon.

    « J'y suis pour rien, bredouilla le demi-elfe, laissez moi tranquille, laissez moi pitié, vous me faites mal.... »

    Quelques minutes plus tard, les magiciens arrêtèrent leur sort. Quelques uns s'effondrèrent au sol, épuisés. Les yeux brillants, le vieux guerrier regarda son fils.

    « Viens, Kyrsan nous en avons fini. » Voyant que son fils ne se relevait pas, il aboya : «  Lève toi, Ombre ! » N'obtenant toujours pas de réponse, il répéta son ordre, en l'accompagnant du vrai nom de son fils. Lentement, ce dernier se leva et vint posément se placer devant son père. Il leva des yeux de braise vers se dernier et lui sourit, dévoilant des canines anormalement pointues.

    « Non Kyrsan, fit Nymen, ne les laisse pas te dicter ta conduite. »
    Mais l'esprit de Kyrsan se débattait, spectateur impuissant de ce que les esprits faisaient de son corps.
    «  Il y a une faille de taille dans ton plan, dragonnier. Tu nous as emprisonné dans ce corps, et par conséquent tu as modifié la personnalité de ton propre fils. Savoir son vrai nom t'est désormais inutile, et cela ne suffira pas à te protéger de notre colère. Nous sommes l'Ombre Azael, et nous allons t'envoyer rejoindre ta chère dragonne. Tu as joué avec le feu, tu as perdu. »

    Le vétéran mis la main sur le pommeau de son épée , et la brandit dans un geste de défense inutile. L'Ombre fit apparaître un globe magique d'un noir d'encre, et projeta toute cette énergie sur l'homme, qui s'effondra. Il abattit ainsi les autres hommes sans pitié, un par un, parfois de face, parfois dans le dos tandis qu'un rire de dément lui échappait.
    «  Non, non, arrêtez ! » Faisait Nymen. Joignant ses efforts à ceux de son dragon, Kyrsan réussit à reprendre péniblement le contrôle de lui-même. Il se mit alors à pleurer tandis que le dragon d'argent atterrissait près de lui et posait son museau écailleux sur son épaule. Le demi-elfe sentait l'incrédulité de son dragon face au carnage, et cela accentuait son désespoir. Il leva des yeux pleins de larmes vers son ami :

    «  C'est moi qui ait fait ça Nymen. Ils sont trop forts pour moi, je les sens déjà qui me dévorent de l'intérieur. Nymen, je ne sais même plus comment je m'appelle, je déjà n'arrive plus à me rappeler qui je suis. Leurs souvenirs se mélangent aux miens et je ne peux pas faire la différence. »
    « Alors je me souviendrai pour toi petit frère. »
    « Reste avec moi, tu m'as promis de me protéger, tu te souviens ? Je vais changer Nymen, je vais devenir cet Azael qu'ils veulent que je devienne, me fondre dans leur masse, je le sens, mais j'ai besoin que tu restes à mes côtés. J'ai peur, aide moi.  » Ses paroles se finirent en un sanglot
    « Tu as ma parole. »
    « A jamais ? »
    « A jamais. »

    Un sourire triste lui flotta sur les lèvres, puis il grimpa sur le dos du dragon d'argent qui se ramassa, prêt à décoller vers de nouveaux horizons..

    Errance :

    D'un commun accord, Azael-puisque c'était désormai son nom, et Nymen quittèrent le Du Weldenvarden sans repasser par Osilon. Ils évitaient soigneusement chaque poste elfique e. Les représentants du Beau Peuple haïssaient farouchement les Ombres, et Nymen avaient peur de ce qu'ils pourraient faire à Azael s'ils lui tombaient dessus, ou pire de ce qu'Azael pourrait leur faire s'il perdait encore une fois les pédales. Il craignait le changement qu'il sentait s'opérer chez son dragonnier, mais ne pouvait se résoudre à l'abandonner à ses démons. Son attachement à Azael passait devant celui qui le liait aux elfes, et il était prêt à faire ce qu'il fallait pour garantir sa sécurité. Les dragonniers ne devaient surtout pas entendre parler de la transformation du garçon, sinon ils viendraient le chercher et lui planter un pieu en plein coeur. Même s'il haïssait les ombres autant que les membres de cette caste, le dragon d'argent ne les laisserait pas toucher à un cheveux d'Azael. Il n'était pas encore totalement perdu, il fallait qu'il trouve quelqu'un pour l'aider.

    Jour après jour, ils s'éloignaient de la forêt ne sachant réellement que faire. Des cernes se creusaient peu à peu sous les yeux d'Azael qui ne dormait plus par peur de ce que les esprits qui le possédaient pouvaient faire en son sommeil. La fatigue pesait sur lui comme l'aurait fait du plomb, son pas devint trainant et ses yeux hagards. Il puisait de l'énergie chez son dragon, mais cela ne suffisait pas. Nymen aussi s'épuisait : il voulait garder à l'oeil le garçon le plus souvent possible, et cela impliquait également de rester éveillé. Tout deux ne pouvaient continuer ainsi, mais ils ne savaient pas où aller. Les portes de leur ancien foyer leur étaient désormais interdites. Quant aux Vardens, le garçon et son dragon les haïssaient pour ce qu'ils lui avaient fait. Ils étaient responsables de ce que le demi-elfe était devenu, et ils méritaient de brûler tous en enfer. Malheur à eux s'ils croisaient le chemin des deux compagnons car ils étaient déterminé à se venger, quitte à libérer toute la haine des esprits sur eux. Restait l'Empire . Les magiciens impériaux étaient probablement assez compétent pour l'aider non ? Ils décidèrent donc de se rendre à la capitale. Leur voyage dura une semaine. Une semaine pendant laquelle Azael perdit deux fois la maîtrise, et tua des voyageurs de passage car Nymen chassait et s'était éloigné. Deux fois le dragon réussit à repousser les esprits dans un coin de la conscience d'Azael. Ce dernier arrivait au bout de ses forces, il avait l'impression d'avoir un fer chauffé à blanc dans le crâne. Le sang qu'il avait sur les mains l'écoeurait.
    C'est dans cet état qu'il entra à Urû'Baen pour la première fois. La citadelle se dressait, énorme masse sombre, et pour lui promesse d'espoir. Nymen volait autour de la capitale. Il s'inquiétait de laisser l'Ombre seul mais n'avait pas tellement le choix s'il ne voulait pas se recevoir une volée de flèches dès que les gardes l'apercevraient. Il y avait beaucoup d'humains dans les rues. Le garçon, qui jusqu'ici avait été habitué aux manières silencieuses du Beau Peuple, les trouva bien bruyants. Il était un étranger ici, et aurait voulu se trouver à des lieues de là. Arrivé aux portes de la demeure royale, les gardes l'arrêtèrent.

    « Halte gamin, c'est pas une garderie ici ! » Fit l'un des deux gardes pendant que l'autre s'esclaffait . » Tu veux quoi ? »
    «  Je veux parler au roi » répondit Azael d'une voix hésitante.
    «  Au roi, rien que ça ! Rétorqua l'autre hallebardier «  Monsieur ne se prend pas pour rien ! Son Altesse n'a pas de temps à perdre avec les gueux dans ton genre. Retourne chez toi petit! Enfin si tu as un chez toi bien sûr. »

    Il accompagna ses paroles en repoussant le demi-elfe brutalement, le faisant chuter au sol. Et deux rire gras fusèrent encore. Azael se releva péniblement et les foudroya du regard, mais se reprit à temps et repartit dans les ruelles bondées.
    Le soir tomba sur la ville, laissant le garçon seul dans les rues qui se vidaient. Il n'avait aucun argent pour se payer une chambre dans une auberge, et le froid commençait à le faire greloter. Tous les abris de fortune étaient déjà occupés par des mendiants pour qui les soirs d'hiver dans la capitale n'avaient pas de secret, mais aucun n'était déterminé à partager. Dépité, le demi-elfe voulut sortir rejoindre Nymen, mais il eut la mauvaise surprise de voir les grandes portes de fer fermées pour la nuit. Il s'assit alors à côté de l'entrée d'une taverne miteuse, profitant au maximum de la chaleur que dégageait l'établissement. Les clients partirent les uns après les autres, et la porte finit par se fermer. Ne pouvant plus résister à la fatigue, les yeux du garçon se fermèrent malgré lui, et il sombra dans l'abîme du sommeil.
    Il se réveilla en sursaut, entendant des pas qui s'approchaient. Il eut à peine le temps de regarder autour de lui qu'un bras fort le saisit par le collet et le releva. Une haleine avinée lui lança alors :

    «  Hé gamin, t'sais pas qu'les rues sont pu sûre à c't'heure-ci ? »
    Azael se débattit du mieux qu'il pouvait sans répondre. La fatigue, le manque de sommeil, l'empêchèrent de se dégager de l'étreinte rude de l'homme, malgré le sang elfique qui coulait dans ses veines et qui lui donnait plus de force que beaucoup d'homme, même à son bas âge.
    «  T'as pas à avoir peur de moi p'tiot. Vaut mieux moi qu'ces sales chiens du roi hein ? Mais dis moi, c'est qu't'as une jolie breloque autour du cou toi. M'est avis qu'on pourrait en tirer un bon prix au marché. Où que t'as dégotté un truc pareil toi ? »

    Une main crasseuse se tendit sur son pendentif, et Azael vit rouge. Un mot franchit ses lèvres, l'homme vola et s'étala sur le mur d'en face tandis que retentissait un craquement sinistre. Le soudard releva sa tête ensanglantée et vit avec effroi le gosse qui revenait vers lui à pas lents. Azael s'accroupit et regarda l'homme dans les yeux, un rictus sadique sur les lèvres et les yeux fous. Puis d'un coup il lui enfonça son poing dans les côtes, en en fracassant plusieurs au passage. L'homme hurla de douleur, ce qui rameuta plusieurs trainards. La tête du garçon pivota vers eux comme un automate, les yeux vides, toujours ce rictus cruel sur les lèvres. Une part de lui se révoltait devant ce triste spectacle, mais cette part était étouffée par le concert discordant des voix des esprits. Un globe d'un noir d'encre apparut dans sa paume, et il le projeta de toute sa force sur la petite troupe de sans abris. Ils s'effondrèrent tous sans un bruit. Une odeur de brulé s'éleva dans la nuit.
    Soudain, l'Ombre sentit une tension dans l'air. Alerté il se retourna et vit une silhouette qui s'approchait lentement. Du même coup, il sentit que la pression des esprits s'était relâchée sur lui, mais aussi que ceux-ci rôdaient encore, plus que jamais prêts à s'emparer de son âme si une proie sans défense avait le malheur de passer à portée de leurs griffes. Son regard passa sur les corps calcinés des hommes, et il réalisa qu'il était responsable de leur état. Il resta là, pétrifié, les larmes au yeux pendant que Nymen le consolait tant bien que mal. Puis il réalisa avec inquiétude que l'inconnu se dirigeait vers lui. Sa panique grandit : si cet individu l'abordait, il allait encore avoir une mort sur la conscience. Il ne se sentait plus capable de se retenir. Les deux dernières fois, Nymen l'avait aidé, mais là le dragon était loin et ne pourrait pas intervenir à temps. Alors il s'écria :

    "N'approchez pas !"

    Son intervention n'eut pas l'effet désiré car au contraire la marche de l'homme s'accéléra. Azael remarqua qu'il y avait quelque chose de différent dans l'allure de cette silhouette. Elle se déplaçait plus élégamment que les autres hommes, avec une fluidité qu'il n'avait vue que chez les... elfes ? Un elfe avait-il retrouvé sa trace ? Non pas maintenant, non. Il était peut-être une abomination pour les elfes – et pour lui même il fallait se l'avouer, mais un instinct plus fort que tout lui refusait de se laisser tuer. Il voulait vivre, même s'il devenait un monstre incontrôlable. Il n'était pas prêt à mourir, pas encore. Un autre globe noir apparut rapidement dans sa paume et il visa l'étranger autant pour le dissuader de venir que pour réagir rapidement en cas d'attaque.
    Tout à coup, la silhouette disparut de son champ de vision, puis une main se plaqua sur sa bouche fermement, mais sans brusquerie. Azael écarquilla les yeux de surprise alors qu'une voix lui murmurait à l'oreille dans un souffle :

    « Tu ne me fais pas peur gamin, je ne crains personne, pas même ce qui t'habite. Sache que ton pouvoir est dérisoire comparé au mien. Mais il m'intéresse, et je suis prêt à vous aider, toi et ton dragon. »

    Azael stoppa toute résistance et ses muscles raidis se décontractèrent. Les paroles de cet homme avaient un pouvoir presque palpable. Il avait juste envie de se taire et de l'écouter parler, pour découvrir toutes les intonations qu'elle recelait, toutes les gammes qu'elle pouvait couvrir, toute la puissance qu'elle possédait. L'étreinte se relâcha, et il put se tourner pour voir le visage de son interlocuteur. Il fut frappé par un regard ardent d'Ombre, semblable au sien quand il ne se contrôlait pas, et par les cheveux quasi rouges qui encadraient un visage parfait indubitablement elfique. L'inconnu lui sourit, et Azael se sentit obligé de lui rendre son sourire. Des questions se bousculaient dans son crâne, mais il en formula une seule à voix haute :

    « Qui êtes vous ? »

    « Je suis Samaël. Alors, tu acceptes de venir avec moi ? »

    Le demi-elfe acquiesça, charmé par cette voix mélodieuse. Pour la première fois un avenir se dessinait devant ses yeux, comment aurait-il pu en être autrement ?

    Retour au présent :

    Azael sourit pensivement et passa le collier à son cou. Voilà bientôt deux ans qu'il avait terminé sa formation avec le maître. Deux ans qu'il était un seigneur parjure respecté, autant par ses paroles que par le fil de sa lame. Ces quinze années passées à étudier auprès de son roi n'avaient pas été pour lui de tout repos : il avait du apprendre à se contrôler, puis à s'accepter tant que tel, ce qui avait prit du temps. Samaël l'avait ensuite initié à la magie, et lui avait appris des sorts perdus que les elfes n'auraient jamais osé lancer mais que le roi avait retrouvé. Bien sûr Azael avait conscience de ne pas arriver à la cheville de l'elfe : ce dernier s'était aventuré beaucoup plus en profondeur que lui dans la pratique de la magie noire,et dans les autres formes de magies d'ailleurs. Il était toujours aussi fasciné par le roi qui l'avait accueillit pour des raisons que lui seul connaissait. Ces années n'avaient pas été réservées à l'apprentissage seul de la grammarie, même car même s'il affectionnait particulièrement la magie , l'Ombre avait également entrainé son corps et développé des compétences en matière de politique pour apprendre à nager avec les requins des hautes sphères de l'Empire.
    Le Azael d'aujourd'hui était totalement différent du gamin pleurnichard qui était arrivé à la capitale 17 ans plus tôt : sûr de lui même – voire trop- et de ses capacités, il aurait bien rit en le voyant, même si ce rire sonnerait un peu faux.
    Un claquement sonore retentit et tira l'Ombre de sa rêverie : Nymen volait près de la tour où il résidait. Lui aussi avait changé. Non pas tellement de caractère, mais en apparence : il était maintenant âgé de 17 ans et avait par conséquent grandi. Lui aussi avait subit un entrainement intensif auprès des dragons des autres seigneurs parjures. Il avait appris à ses dépends à les respecter, parfois en se prenant quelques coups de crocs biens sentis,et à ne pas titiller Abysmal lorsque ce dernier voulait rester tranquille. Avec un grand sourire, Azael courrut jusqu'au balcon et se jeta dans le vide. Le dragon argenté le cueillit au vol, puis s'éleva au dessus de la ville baignée par le soleil couchant. Sa voix grave résonna ensuite dans la conscience de l'Ombre :

    « Le monde est à nous petit frère. »

    • Famille : [ 3 lignes minimum ] Son père était un dragonnier humain qui combattait pour les Vardens. Sa mère était – ou est puisqu'il ne sait pas si elle vit encore, une elfe de la famille Kalyska. Ce n'était pas une famille très respectée chez les elfes, l'équivalent de la petite noblesse chez les humains mais il a choisit de conserver le nom de sa mère car depuis sa transformation il ne supporte pas même le souvenir de son père tant sa haine pour lui est forte.


>>> Arme de prédilection
.
    • Description :

    Il possède beaucoup d'armes, mais sa préférée reste son épée de vif-acier couleur argent . Une pierre de topaze est incrustée dans le pommeau. Sa lame est droite, à double tranchant et assez longue. Il peut la saisir à deux mains s'il le désire, ou combattre avec à une main. La couleur argent de la lame est très pure, presque liquide, ce qui la diffère des épées ordinaires, et jette des éclats bleutés lorsqu'elle accroche la lumière.

    Le dragon : Nymen possède des écailles argentées qui brillent comme des miroirs. Sa crinière de piques est très fournie, et il se sert de sa tête comme un guerrier se servirait d'une massue hérissée de pointes. Ses yeux sont bleu topaze, et ses serres sont d'un noir d'encre.

    • Acquisition :
    Elle lui a été offerte à la fin de son apprentissage et provient de la collection d'épées de dragonniers que Galbatorix avait rassemblées jadis.
    Il l'a choisie premièrement car il lui trouve une ressemblance avec Nymen, pensée que le dragon désapprouve fortement : il en supporte pas qu'on le compare à un vulgaire bout de métal, et parce qu'elle était adaptée à son style de combat.



>>> Question subsidiaire : [Code bon(Cib)]
.

[ Si y'a des choses incohérentes, désolée :3 Et vu qu'Azael a été formé par le roi il fallait bien que je fasse intervenir Samaël, donc navrée si mon intervention est pas à la hauteur du super roi rouge =S]



Dernière édition par Azael le 14.06.12 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   14.06.12 1:20

Bienvenue !

Pour ma part tout me semble très bien. Si tu pouvais juste envoyer un mp à Samaël pour obtenir son aval, ce serait parfait.

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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   14.06.12 16:56

Magnifique biographie ! Bravo !

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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   14.06.12 17:02

ben ca m'a l'air bien, j'aurais pas le temps de le lire vaant lundi, désolé mais c'ets le premier truc que je fais en rentrant!

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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   14.06.12 18:07

Bienvenue !

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Un Grand merci à Val' pour la signature ^^

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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   14.06.12 19:55

Bienvenue!!!

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Ne perds jamais espoir quand quelqu'un te dit au revoir,Kveykva
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MessageSujet: Re: Azael [VALIDE]   20.06.12 17:14

j'adore j'adore j'adore! Super présentation, tu t'es bien occupé de mon bébé^^
c'est avec GRAND plaisir que je valide ce très beau travail!
encore bravo!

a bientot jeune padawan^^

_________________
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